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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXIII.

Janv. 1809.

Le maréchalSoult

se décide enfinà attaquerles Anglais.

Bataillede laCorogne.

leur armée proposèrent même à sir John Moore d’ouvrir unenégociation qui leur permît, comme celle de Cintra l’avaitpermis aux Français, de se retirer honorablement. N’ayanttoutefois aucune chance de se sauver si les transports neparaissaient pas très-promptement, il était douteux qu’ilsobtinssent des conditions satisfaisantes pour eux. Aussi legénéral Moore repoussa-t-il toute idée de traiter, et résolut-ilde se fier à la fortune, qui, en effet, lui accorda, comme onva le voir, le salut de son armée, mais non de sa personne,et lui donna la gloire au prix de la vie.

Les 14, 15, 16 janvier, les vents ayant varié, plusieurscentaines de voiles parurent successivement dans le golfe, etvinrent s’accumuler sur les quais de la Corogne, hors de laportée des boulets français. On pouvait les apercevoir deshauteurs que nous occupions, et à cet aspect l’ardeur de nossoldats devint extrême. Ils demandèrent à grands cris qu’onprofitât pour combattre du temps qui restait, car l’arméeanglaise allait leur échapper. Le maréchal Soult, arrivé enprésence de l’ennemi dès le 12, avait employé les journéesdu 13, du 14 et du 15 à rectifier sa position, à attendre sesderniers retardataires, et surtout à placer vers son extrêmegauche, sur un point des plus avantageux, une batterie dedouze pièces, qui, prenant par le travers la ligne anglaise,l’enfilait tout entière.

Le 16 au matin, ayant définitivement reconnu la positiondes Anglais, il résolut de faire une tentative, de manière àdéborder leur ligne, et à la tourner. Un petit village, celuid’Elvina, situé à notre extrême gauche, et à l’extrême droitedes Anglais, dans le terrain creux qui séparait les deux ar-mées, était gardé par beaucoup de tirailleurs de la divisionde sir David Baird. Vers le milieu de la journée du 16, ladivision française Mermet, s’ébranlant sur l’ordre du maréchalSoult, marcha vers le village d’Elvina, pendant que notre bat-terie de gauche, tirant par derrière nos soldats, causait le