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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

Janv. 1809. sans lui on aurait bien autrement souffert de la tyrannie d’unmaître impétueux. Il affectait de contenir le zèle emporté dupréfet de policeDubois, fonctionnaire personnellement dévoué àl’Empereur, le raillait des découvertes qu’il prétendait faire,et traitait de complots chimériques tous ceux qui étaient dé-noncés par cet agent. En cela M. Fouché pouvait avoir raison,mais il avait lui-même ses excès de zèle. Il voulait se mêlerde tout, pour paraître influent en tout. Récemment, dans ledésir de se donner de l’importance, il avait pris sur lui deconseiller le divorce à l’impératrice Joséphine, croyant qu’ilplairait ainsi à Napoléon, en amenant un sacrifice que celui-cin’osait pas demander, mais qu’il souhaitait ardemment. Cesvues trop personnelles, cette indiscrète intervention dans cequi ne le regardait pas, avaient déjà failli perdre M. Fouchéauprès de Napoléon, qui ne voulait pas naturellementqu’on se fit valoir à ses dépens; qu’on le peignît auxpartis comme dur et cruel, en se réservant pour soi leshonneurs de l’indulgence ; qu’on affectât l’incrédulité enfait de complots pouvant compromettre la sûreté de son gou-vernement; qu’on se permit enfin de prendre l’initiative dansde graves affaires d’État ou de famille, qui ne concernaient quelui seul, et dont seul il pouvait et voulait juger la maturité.

Une circonstance toute récente lui avait donné occasion detémoigner à cet égard son sentiment, et il l’avait fait d’unemanière fâcheuse pour M. Fouché. Un ancien militaire, legénéral Malet, conspirateur incorrigible, Servan, autrefoisministre de la guerre, un ex-conventionnel, Florent-Guyot, unemployé peu connu du département de l’instruction publique,étaient compromis dans une trame peu sérieuse, mais quiannonçait déjà un commencement de résistance au pouvoirabsolu. Il n’y avait là qu’une chose grave, et personnne nes’en aperçut alors, c’était la manie du général Malet de penserque, Napoléon étant souvent absent pour la guerre, il fallaitprofiter de l’une de ses absences pour le dire mort, et pro-