RATISBONNE.
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voquer un soulèvement. Le projet du général Malet, réalisé plus Janv. 1809tard, était-il seulement en germe alors, ou déjà fort mûridans la prétendue trame que M. Dubois croyait avoir dé-couverte, c’est ce qu’il est impossible de décider. M. Fouchérailla beaucoup M. Dubois, et celui-ci, se sentant soutenu,traita son ministre avec peu de respect. Napoléon averti enEspagne de ce différend, et n’aimant pas que son ministre dela police jouât l’esprit fort en matière de complots, ou peut-être se fit valoir auprès des corps de l’État en étouffant uneaffaire dans laquelle plusieurs de leurs membres étaient com-promis, prêta tout appui à M. Dubois, et voulut que la ques-tion fût examinée dans un conseil présidé par le prince Cam-bacérès. Le prudent archichancelier pacifia la querelle endécidant que s’il n’y avait pas lieu à suivre, il y avait dumoins grande attention à donner à ces premiers symptômesde l’esprit de révolte. M. Fouché fut vertement réprimandépar ordre de l’Empereur. Il venait de l’être plus durementencore au sujet de sa proposition de divorce. Cette propositionfaite spontanément à l’impératrice Joséphine par le ministrede la police, avait paru à celle-ci dictée par l’Empereur lui-même , car elle n’avait pu supposer qu’un ministre prit surlui de hasarder une telle démarche s’il n’y avait été autorisé,et il en était résulté des agitations intérieures qui avaient vi-vement affecté Napoléon. Cherchant la stabilité qui lui échap-pait par sa faute, il désirait un héritier, et sentait peu à peumûrir en lui la résolution du divorce. Mais plus il approchaitdu moment de cette résolution, moins il voulait s’infliger àl’avance une douleur qui devait lui être très-sensible. M.
Fouché fut donc désavoué pour cette démarche, et condamnéauprès de l’impératrice à des excuses humiliantes. M. Cam-bacérès fut encore l’intermédiaire, le pacificateur de ce diffé-rend. Mais M. Fouché put dès lors s’apercevoir du déclinrapide de son crédit.
Quant à M. de Talleyrand, sa situation était aussi fort com-