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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

1809. promise, et également par sa faute. 11 avait déjà donné plusd’un sujet de défiance et de déplaisir à Napoléon, surtout enquittant le ministère des affaires étrangères en 1807, pourle vain motif de devenir grand dignitaire de l’Empire. IIavait regagné la faveur impériale en se faisant l’instrumentactif de la politique qui avait amené la guerre d’Espagne, etNapoléon l’avait tour à tour conduit à Erfurt, ou laissé à Paris,afin de pallier auprès de la diplomatie européenne ce que cettepolitique pouvait avoir d’odieux et d’inquiétant pour les coursétrangères. Mais M. de Talleyrand était de tous les hommesle moins capable de résister à l’opinion du jour, et la guerred’Espagne, ayant fini par encourir la réprobation universelle,n’était plus bonne à ses yeux qu’à désavouer. Aussi ne man-quait-il pas de dire qu’il ne l’avait point conseillée, se fondantsans doute sur ce qu’il avait préféré, entre les projets pro-posés, le démembrement de l’Espagne à l’usurpation de lacouronne. Les désaveux commencés, il remontait jusqu’àl’affaire du duc d’Enghien, car dans ce moment de défaveuron revenait sur toutes les fautes que Napoléon avait pu com-mettre, et M. de Talleyrand voulait n’avoir été complice d’au-cune. Son imprudence était grande, car si tout se redit viteà Paris, tout se redisait bien plus vite alors, à l’indiscrétionse joignant plus qu’à aucune autre époque le goût perfide deplaire. M. de Talleyrand ne pouvait donc manquer d’êtrebientôt dénoncé à l’Empereur.

Ses torts ne s’étaient pas bornés à quelques désaveux peufondés, il s’était réconcilié avec M. Fouché, après dix ans dehaine et de dénigrement réciproques. Ils se traitaient l’unl’autre d’intrigant frivole, affectant de diriger une diplomatiequi, aidée par la victoire, allait toute seule; d’intrigant subal-terne agitant l’Empereur de vulgaires dénonciations, et faisantétalage d’une police que la soumission générale rendait facile,même inutile. M. de Talleyrand méprisait la vulgarité de M.Fouché, celui-ci la frivolité de M. de Talleyrand. Cependant,