RATISBONNE.
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comme si une situation grave avait paru exiger de leur partl’oubli d’anciens ressentiments, MM. de Tallevrand et Fouché,rapprochés par des officieux, s’étaient réconciliés, et publi-quement visités, ce qui avait produit une surprise générale.Le motif vrai de leur réconciliation, c’est que des circonstancespouvaient se présenter prochainement où leur union seraitnécessaire à tous deux. On se persuadait, en effet, que Na-poléon finirait par rencontrer en Espagne le poignard d’unfanatique, ou en Autriche un boulet de canon. MM. Fouché etde Talleyrand, plus enclins à croire à la chute d’un ordre dechoses qui n’était plus de leur goût, semblaient partagerl’opinion que la personne de Napoléon succomberait infaillible-ment à un péril trop souvent bravé. Que deviendrons-nous?que ferons-nous? étaient les questions qu’ils s’étaient adressées,et que certainement ils n’avaient pas résolues. Mais les inter-médiaires, exagérant comme de coutume les demi-confidencesque ces deux personnages avaient pu se faire, prétendaient quetout un plan de gouvernement avait été préparé par eux pour lecas où Napoléon serait frappé. Ou leur prêtait même l’idée detransmettre la couronne impériale à Murat, qui avait porté àParis, avant de se rendre à Naples, le mécontentement den’étre pas roi d’Espagne.
Ces vains bruits ne mériteraient pas d’occuper l’histoire,s’ils n’attestaient un commencement d’altération dans lesesprits, résultat des fautes de Napoléon, et surtout s’ilsn’avaient pas eu le fâcheux effet de tenir les étrangers enéveil sur ce qui se passait à Paris, de leur persuader quel’autorité de Napoléon était fort affaiblie, que la nation était dé-goûtée de sa politique, que ses moyens d’action étaient très-diminués, et que le moment enfin était venu de lui déclarerde nouveau la guerre. Il est certain que l’état des esprits àParis 1 agit alors beaucoup sur l’état des esprits en Europe,
1 Ce fait est tristement prouvé par toutes les correspondances diploma'