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LIVRE XXXIV.
et contribua extrêmement à rallumer la guerre, comme on vabientôt le voir.
Napoléon connaissait avant de quitter Valladolid une grandepartie de ce que nous venons de rapporter, et il en éprouvaitune irritation dont il ne sut pas contenir les éclats. La veillede son départ, apprenant que les grenadiers de la vieillegarde murmuraient parce qu’on les laissait en Espagne, dumoins momentanément; apprenant aussi que le général Le-gendre, l’un des signataires de la capitulation de Baylen,devait se présenter à lui dans une revue qu’il allait passer,Napoléon se livra à des mouvements de colère qui affligèrentprofondément ceux qui en furent témoins. Parcourant à piedles rangs de ses grenadiers qui lui présentaient les armes,soit qu’il eût entendu quelques murmures, soit qu’il eûtreconnu l’un des mécontents, il lui arracha son fusil desmains, et le tirant à lui: Malheureux, lui dit-il, tu méri-terais que je te fisse fusiller ! et peu s’en faut que je ne lefasse. — Puis, le rejetant dans les rangs, et s’adressant à sescamarades : Ah! je le sais, leur dit-il, vous voulez retournerà Paris pour y retrouver vos habitudes et vos maîtresses, ehbien, je vous retiendrai encore sous les armes à quatre-vingtsans! — Ayant ensuite aperçu le général Legendre, il lui saisitla main et lui dit : Cette main, général, cette main, com-ment ne s’est-elle pas séchée en signant la capitulationde Baylen ? — L’infortuné général foudroyé par ces pa-roles, sembla s’abîmer dans sa honte, et chacun s’inclinadevant le visage enflammé de Napoléon, tout en blâmantsecrètement ces inqualifiables violences.
Il partit ensuite pour Paris, où il arriva, comme nousl’avons dit, avec une rapidité égale à ses passions. On luiavait beaucoup écrit en Espagne ; car indépendamment dede ses ministres il avait de nombreux correspondants, qui
tiques de l’époque. On est étonné d’y voir à quel point tout ce qui se disaità Paris se redisait à Vienne, à Berlin, à Saint-Pétersbourg.