RATISBONNE.
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lui communiquaient tout ce qu’ils pensaient et tout ce qu’ils J™''- 1809.recueillaient 1 ; il avait beaucoup appris en route, quoique encourant; il avait donné un grand nombre d’ordres, prescritnotamment l’arrestation d’un abbé Ànglade qui, dans la Gi-ronde, avait mal parlé en chaire de la conscription, et mandéà Paris l’archevêque de Bordeaux, qui avait souffert les ser-mons de l’abbé Anglade. À peine entré aux Tuileries, il avaitété assailli par des milliers de rapports sur ce qui s’était passéen son absence. Ces rapports fort exagérés ne pouvaienttromper un esprit aussi sagace que le sien, mais on accueillevolontiers ce qui flatte l’irritation qu’on éprouve, et Napoléoncrut, ou parut croire beaucoup de choses invraisemblables.
11 appela auprès de lui l’archichancelier Cambacérès, auquelil redit avec une extrême animation tout ce qu’on lui avaitraconté, s’emportant surtout contre MM. Fouché et de Talley-rand, qui, selon lui, n’avaient pu se réconcilier que dans detrès-mauvaises intentions. L’archichancelier Cambacérès essayade le calmer, mais il n’y réussit qu’imparfaitement. Cequi blessait Napoléon, c’était qu’on disposât de sa suc-cession comme si sa mort eût été certaine; ce qui le bles-sait plus encore, c’était le désaveu de sa politique, faitpar un homme qui en avait été le complice, et qui avait étéconduit à Erfurt et laissé à Paris pour en être l’apologiste.
Aussi le principal orage devait-il fondre sur la tête de M. deTalleyrand, M. Fouché ayant déjà reçu par écrit de vertes ré-primandes , et bien que commençant à déplaire, n’ayant pasencore assez comblé la mesure pour être sacrifié.
Napoléon, dans un conseil de ministres auquel assistaient msgrâceplusieurs grands dignitaires présents à Paris, se plaignit de Taiie/rami.toutes choses et de tout le monde, car il n’était rien dont il
1 Parmi ces correspondants se trouvaient MM. Fiévée, de Montlosier.madame de Genlis, qui n’écrivaient pas pour dénoncer, mais pour dire leuropinion sur ce qu'ils voyaient, et sur ce qui se passait tous les jours sousleurs yeux. Les correspondances de M. Fiévée ont été imprimées, et prou-vent que Napoléon se laissait dire beaucoup de choses, et des plus hardies.