Band 
[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

Janv. 1609.

Création

de

la lamhvehr.

Force#de l’Autricheprêtesà entrer enligne.

quant consciencieusement à remplir sa tâche, avait d’abordaccru les cadres en complétant les troisièmes bataillons dechaque régiment, de manière à les rendre propres à devenirbataillons de guerre. Il avait ensuite imaginé la landwehr,espèce de milice imitée de nos gardes nationales, qui étaitcomposée de la noblesse et du peuple, l’une servant de cadreà l’autre, et appelée à se réunir dans certains points déter-minés pour y former des corps de réserve. On instruisaitcette milice fort activement, et chaque dimanche des jeunesgens de toutes les classes, portant l’uniforme et les moustaches,affectant les allures militaires que Napoléon obligeait toutel’Europe à se donner, manœuvraient dans les villes d’Au-triche, sous la direction de vieux nobles retirés depuis long-temps des armées, mais prêts à y rentrer pour le serviced’une dynastie à laquelle ils étaient dévoués. Les étrangersqui avaient connu autrefois l’Autriche si tranquille, si mécon-tente de la guerre, en la voyant aujourd’hui si agitée, si bel-liqueuse, ne pouvaient plus la reconnaître. On venait de tenirla diète de Hongrie, et de lui demander ce qu’on appelait l’in-surrection, espèce de levée en masse, composée surtout decavalerie, et indépendante des régiments réguliers qui serecrutent avec des soldats hongrois. La diète avait voté cetteinsurrection, et en outre des fonds extraordinaires pour enpayer la dépense. On ne prenait donc plus la peine de dis-simuler ces préparatifs, et on les accélérait même, commepour une guerre qui devait éclater au printemps, c’est-à-diresous deux ou trois mois. On comptait sur environ 300 millehommes de troupes actives, que l’archiduc Charles avait mistrois années à organiser, sur 200 mille hommes de troupesde réserve, comprenant ce que la landwehr contenait de plusmilitaire, et enfin sur une force qu’il était impossible d’éva-luer, celle de l’insurrection hongroise. Déjà on avait com-mencé à réunir les régiments en Carinthie, en Haute-Autriche,en Bohême, pour procéder à la formation des corps d’armée.