RATISBONNE.
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On attelait l’artillerie, et on la faissait passer en plein jour à • Tanv - 1809 •travers la ville de Vienne, précédée ou suivie des régimentsd’infanterie, au milieu des acclamations du peuple de la ca-pitale. On exécutait des travaux considérables dans trois pla-ces qui devaient entrer dans le plan des opérations. Ces pla-ces étaient celle d’Enns, au confluent du Danube et del’Enns,avec un pont à Mauthausen, pour couvrir Vienne contre uneinvasion venue de la Bavière : celle de Bruck sur la Muhr,pour couvrir Vienne contre une invasion venue d’Italie : enfin,celle de Comorn, pour préparer une grande place de dépôten cas de retraite en Hongrie, indiquant par là qu’on voulaitpousser la guerre à outrance, et ne pas regarder la luttecomme finie après la perte de Vienne. On armait publique-ment cette dernière ville, et on hissait les canons sur sesremparts.
Le langage adopté pour expliquer à soi et aux autres unetelle conduite tenue en plaine paix, c’est que la destructionde la maison d’Espagne présageait une tentative prochainecontre la maison d’Autriche; qu’on devait donc être prêtpour le mois de mars ou d’avril; qu’on allait être attaqué in-failliblement, et qu’avec une telle certitude il ne fallait pas selaisser prévenir, mais prévenir un ennemi perfide, que peuimportait quel serait celui qui tirerait le premier coup de ca-non, que le véritable agresseur serait aux yeux des honnêtesgens l’auteur de l’attentat de Bayonne. Le gros de la popula-tion croyait à ces discours avec une bonne foi parfaite ; lacour y croyait peu ou pas du tout, bien que le détrônementdes Bourbons l’eût sérieusement alarmée ; mais elle était sur-tout exaspérée de ses revers, et après l’occasion manquéede la guerre de Pologne, elle craignait de laisser échappercelle de la guerre d’Espagne. Toute la noblesse était de cetavis, mûe à la fois par de justes ressentiments nationaux etpar les mauvaises passions de l’aristocratie allemande. D’ail-leurs les nombreux agents de l’Angleterre, réintroduits offi-
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