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[Vol. 6.]
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RATISBONNE.

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par la diplomatie russe et française. Mais ce genre de dénoû-ment était usé, car il avait déjà servi après Tilsit à se tirerd’un semblable mauvais pas. Il était difficile de sortir encoreune fois d’une pareille position par un nouveau simulacre deréconciliation. 11 fallait donc prendre ou le parti de la guerreou celui du désarmement immédiat; car, outre qu’on ne pou-vait plus trouver d’explications spécieuses pour des prépara-tifs aussi avancés, il devenait impossible d’en supporter ladépense. Mais en face de l’Allemagne, de l’Angleterre, de soi-même , se dire tout 5 coup rassuré après avoir paru si alarmé,abandonner ceux qu’on nommait les héroïques Espagnols,laisser perdre encore ce qu’on était convenu d’appeler la plusbelle des occasions, était impossible. Il fallait vaincre ou pé-rir les armes à la main, et d’ailleurs on avait, disait-on, biendes chances pour soi : l’armée autrichienne réorganisée et plusflorissante que jamais; l’Allemagne exaspérée faisant desvœux ardents, et au premier succès prête à passer des vœuxau concours le plus actif; l’Angleterre offrant ses subsides; laRussie chancelante; la France commençant à penser ce quepensait l’Europe, et devant donner moins d’appui au conqué-rant qui pour ravager le monde l’épuisait elle-même ; l’arméefrançaise enfin dispersée de l’Oder au Tage, des montagnesde la Bohême à celles de la Sierra-Morena, décimée par dix-huit ans de guerres incessantes, et faiblement recrutée parde jeunes soldats qu’on arrachait au désespoir de leurs famil-les dans un âge qui était à peine celui de l’adolescence. Sousl’empire de ces mille raisons, un jour, sans savoir comment,on se trouva entraîné avec tout le monde par la passion géné-nérale, et la guerre fut décidée. On ordonna de réunir cinqcorps d’armée en Bohême, deux en Haute-Autriche, deux enCarinthie, un en Gallicie. L’archiduc Charles devait en êtrele généralissime. Les efforts de la diplomatie se joignirent àceux de l’administration militaire, pour préparer un autremoyen de guerre, celui des alliances.

Janv. 1809.

La courd’Autriche,dominée parl'entraînementgénéral,se décide pourla guerre.