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LIVRE XXXIV.
Janv. 1809.
Efforts
de
la diplomatieautrichienneauprèsdes coursde l’Europepour lesentraîner àJa guerre.
Situationdes choses àConstanti-nople.
Mustapha-Baraïctar envoulant repla-cer Sdliinsur le trAne,entraîne
On renoua avec l’Angleterre des relations qui n’avaient étéque fictivement rompues; on accepta les subsides qu’elle of-frait à pleines mains, et on continua l’œuvre déjà commencéede sa réconciliation avec les Turcs; on imagina enfin d’es-sayer une tentative auprès de l’empereur Alexandre pour leramener à ce qu’on appelait l’intérêt de l’Europe, et son in-térêt bien entendu à lui.
La diplomatie autrichienne avait beaucoup à faire à Con-stantinople : éloigner les Turcs de la France, les rapprocherde l’Angleterre, les disposer à se jeter sur la Russie si celle-ci continuait à marcher avec Napoléon, ou à la laisser enpaix si elle rompait avec lui, de manière qu’on n’eût affairequ’à l’ennemi commun de l’Europe, était une politique fort biencalculée, et qui méritait d’être suivie avec activité. Du reste,les révolutions continuelles de la cour de Turquie prêtaient àtoutes les intrigues extérieures.
Depuis la chute du sultan Sélim, de nouvelles catastrophesavaient ensanglanté le' sérail, et donné à la Turquie l’appa-rence d’un empire qui, au milieu de ses convulsions intérieu-res , s’affaisse sur lui-même. Le fameux pacha de Rutschuk,Mustapha-Raraïctar, soit qu’il fût, comme il le prétendait,attaché à son maître Sélim, soit qu’il fût offensé qu’une factionfanatique, composée de janissaires et d’ulémas, eût donné lesceptre sans le consulter, était venu se placer à Andrinople àla tête d’une armée dévouée. De là il avait paru gouvernerl’empire, car tous les pachas lui avaient adressé des dépu-tés, ou s’étalent rendus auprès de lui en personne, pour s'in-former de ses volontés, et le nouveau sultan lui-même, Musta-pha, avait envoyé des ambassadeurs à son camp, comme pourse mettre à sa discrétion. Ainsi, sous prétexte de conférersur le sort de l’empire, Mustapha-Raraïctar en disposait.Rientôt il était venu camper sous les murs de Constantinople,et un jour enfin il avait marché sur le sérail pour replacersur le trône Sélim, qui vivait enfermé avec les femmes et