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LIVRE XXXIV.
j»nv. 1809. premiers projets, la ferveur d’une alliance qui lui rapportaitde si sûrs et si prompts avantages. Mais quelque grand quefût le génie de Napoléon, quelque grandes que fussent sesressources, il s’était créé de telles difficultés, qu’il avait faitnaître chez ses ennemis de toute sorte le courage de l’attaquerde nouveau. De son côté la Russie n’avait pas eu en Finlandetous les succès sur lesquels on avait compté, tant à Saint-Pétersbourg qu’à Paris. Ce vaste empire, dont l’avenir estimmense, mais dont le présent est loin d’égaler l’avenir, véri-table Hercule au berceau, n’avait jamais pu envoyer plusd’une quarantaine de mille hommes effectifs en Finlande,pendant la compagne d’été, et il avait employé la belle saisonà y faire contre les Suédois un genre de guerre qui convenaitpeu à sa grandeur. Cette guerre de Suède, en un mot, pasplus morale dans son principe que celle d’Espagne, n’avaitpas eu de succès plus décisifs, et les deux empereurs, quoi-que fort supérieurs à leurs ennemis, n’avaient cependant pasobtenu de la fortune de faveurs enivrantes. Aussi l’empereurAlexandre n’était-il nullement enivré. 11 trouvait que ce queNapoléon lui abandonnait il fallait encore le conquérir par depénibles efforts, et le désenchantement toujours si promptchez lui le gagnait déjà sensiblement. Il jugeait Napoléon en-core assez puissant pour qu’il n’y eût aucune sûreté à sebrouiller avec lui; mais il ne le jugeait plus assez victorieuxpour qu’il y eût le même avantage à être son allié, ni sur-tout assez pur pour qu’il y eût le même honneur. Et commed’ailleurs il n’aurait probablement pas obtenu de l’Autricheet de l’Angleterre les conquêtes qui continuaient à être sapassion dominante, c’est-à-dire les provinces du Danube,comme une nouvelle révolution dans ses amitiés l’aurait dés-honoré, il était résolu à persister dans l'alliance française,mais en tirant de cette alliance le plus grand profit payé parle moindre retour possible '.
’ Ceux qui ont dépeint Alexandre comme tonjoar* fanx arec Napoléon,