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LIVRE XXXIV.
f^v. 1809. à faire alors c’est de chercher à l’empêcher. C’était en effetce qu’Alexandre était résolu à essayer par tous les moyensimaginables.
M. de Romanzoff était revenu à Saint-Pétersbourg séduitpar les procédés de Napoléon, autant que M. de Caulaincourtl'était par ceux d’Alexandre. Mais les deux souverains étaientassez supérieurs à leurs ministres pour échapper aux séduc-tions qui trompaient ces derniers. Alexandre se laissa raconterles merveilles de Paris et les attentions dont Napoléon avaitcomblé M. de Romanzoff, tout comme Napoléon se laissait ra-conter les aimables prévenances dont M. de Caulaincourt étaitchaque jour l’objet; mais il ne dévia d’aucune de ses résolu-tions. U arrêta d’accord avec de M. de Romanzoff son langageLangage et sa conduite envers la France, et eut avec M. de Caulain-
d Alexandre '
» îâincourt au " court plusieurs entretiens fort importants. Il ne lui dissi-mula presque rien de ce qu’il pensait de la situation ; il enparla impartialement pour Napoléon, modestement pour lui -même. Il convint que la guerre de la Finlande n’avait pasété bien conduite, mais il exprima le regret que Napoléon deson côté n’eût pas obtenu contre les Anglais de succès plusdécisifs; il parut même penser que les Anglais après toutavaient seuls gagné quelque chose à l’entreprise sur l’Espagne,puisqu’ils allaient avoir les colonies espagnoles à leur dispo-sition, ce qui valait bien la conquête, fort douteusse du reste,de Lisbonne et de Cadix pour les Français. Il exprima toutle chagrin qu’il éprouverait d’avoir à combattre les anciensalliés à côté desquels il se trouvait à Austerlitz, les embarrasque cette singulière situation lui causerait à Saint-Pétersbourg,dans la haute société et même dans la nation; il avoua la diffi-culté qu’il aurait de réunir, outre une nouvelle armée en Fin-lande, des troupes d’observation le long de la Baltique, unegrande armée conquérante contre la Turquie, et une arméeauxiliaire des Français contre l’Autriche, difficulté non-seule-ment militaire mais surtout financière. 11 alla enfin dans seg