RATISBONNE.
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confidences jusqu’à déclarer que le succès même de la nou- Fev. îeoovelle guerre lui inspirait des soucis, car il verrait avec alarmedisparaître l’Autriche, et ne se prêterait pas à ce qu’on laremplaçât par une Pologne. 11 déclara que la paix lui étaitnécessaire à lui, mais qu’il la croyait nécessaire aussi à Na-poléon ; car, disait-il, il ne lui échappait pas que la Francecommençait à la désirer, et à changer de sentiment enversson glorieux souverain. C’étaient là tout autant de raisonspour qu’on le laissât agir en liberté envers l’Autriche, et fairetout ce qu’il pourrait pour empêcher une guerre dont la pen-sée seule lui était souverainement désagréable. Malheureu-sement, ajoutait-il, il était loin de croire avec Napoléon qu’ilsuffit de menacer, de remettre des ultimatum. au nom desdeux plus grandes puissances de l’univers, pour arrêter desgens effarés, dominés par la haine et la terreur, chez lesquelsil y avait, avec beaucoup d’exagération de langage, une partde crainte sincère dont il fallait tenir compte. En conséquenceil demandait qu’on lui permît de les rassurer et de les inti-mider tout à la fois, de les rassurer en niant péremptoirementle projet prétendu de les traiter comme l’Espagne, de les in-timider en leur montrant les suites funestes qu’entraîneraitpour eux une nouvelle guerre. Alexandre se refusa en outre,comme l’aurait voulu Napoléon, à confier la conduite de cetteaffaire aux deux ministres de Russie et de France à Vienne.Napoléon, tout en souhaitant la paix, croyait que ces deuxministres seraient plus péremptoires, et dès lors plus écoutés.Alexandre au contraire croyait qu’ils iraient droit à la guerre.
— Nos ministres brouilleront tout, dit-il à M. de Gaulaincourt.
Qu’on me laisse agir et parler, et si la guerre peut être évitée,je l’éviterai, si elle ne le peut pas, j’agirai quand elle sera de-venue inévitable, loyalement et franchement. —
Il n’y avait donc qu’à le laisser agir, puisqu’en définitiveses vues étant toutes pacifiques, concordaient exactementavec celles de Napoléon, qui désirait ardemment éviter la