RATISBONNE.
69
toujours assez périlleuse contre un tel capitaine et de telssoldats.
Lés deux plans dont il s’agit furent long-temps débattusentre deux officiers de l’état-major de l’archiduc Charles, legénéral Meyer et le général Grün, et divisèrent les militairesles plus éclairés de l’Autriche. Mais, comme il advient tou-jours en pareille circonstance, on laissa à l’événement le soinde décider la question, et on prit son parti quand les espionsrépandus au milieu des troupes françaises eurent révélé lamarche du général Oudinot surülm, du maréchal Davout surWurzbourg. On comprit alors qu’on arriverait trop tardpour que la bonne chance se réalisât au lieu de la mauvaise,et qu’en débouchant par la Bohême sur Bayreuth on aurait lesFrançais dans son flanc gauche, gagnant Vienne par le Da-nube. On prit donc brusquement la résolution de reportervers la Haute-Autriche les corps qui devaient dans l’originese réunir en Bohême. Seulement, on fit encore ce qu’on faitquand la direction est médiocre, on conserva quelque chosedu premier plan, et le second ne fut adopté qu’en réduisantla masse principale des forces qui aurait dû être consacrée àson exécution. Ainsi une cinquantaine de mille hommes futlaissée en Bohême sous les généraux Bellegarde et Kollowrath,et environ 150 mille furent portés en Haute-Autriche, pourêtre dirigés à travers la Bavière sur Ratisbonne, à la ren-contre des Français. Le premier de ces rassemblementsdevait déboucher par le Haut-Palatinat sur Bamberg, en éten-dant sa gauche vers Ratisbonne. (Voir la carte n° 28.) Lesecond devait envahir la Bavière, remonter le Danube enétendant sa droite sur Ratisbonne, de manière que les deuxmasses, mises en communication le long du fleuve, pussentse réunir au besoin, mais avec beaucoup de chances aussid’échouer dans cette réunion. On s’avança de la sorte à che-val sur le Danube, suspendu pour ainsi dire entre deuxplans, toujours avec l’espérance d’agir avant les Français, et
Mars 1809.
Motifqui décidéla préférenceen faveurdu secondpian.
Les corpsautrichiensbrusquementreportésde la Bohêmevers
la Bavière.