RATISBONNE.
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diait l’ordre de franchir les frontières sous une quinzaine dejours. C’eût été trop imiter sur terre la conduite des Anglaissur mer, lesquels enlevaient ordinairement le commerce de l’en-nemi sans aucune déclaration préalable. D’ailleurs on n’étaitpas tellement assuré de la victoire qu’on osât transgresserainsi les règles du droit des gens, dans l’espérance de lesvioler impunément. En conséquence, on ordonna à M. deMetternieh de faire au cabinet français une déclaration préa-lable , qui servît de transition entre le langage de la paix etle fait même de la guerre.
Le î mars, effectivement, M. de Metternieh se présenta àParis chez le ministre des affaires étrangères, M. de Cham-pagny, et lui déclara au nom de sa cour, que l’arrivée su-bite de l’empereur Napoléon à Paris, l’invitation adressée auxprinces de la Confédération de réunir leurs contingents, cer-tains articles de journaux, divers mouvements des troupesfrançaises, la décidaient à faire sortir ses armées du pied depaix où elles avaient été tenues jusque-là, mais qu’elle n’a-doptait cette résolution que parce qu’elle y était forcée par laconduite du gouvernement français, et que du reste elle pre-nait ces précautions indispensables sans se départir enoorede ses intentions pacifiques.
M. de Champagny répondit à cette communication avecfroideur et incrédulité, disant que ce passage du pied depaix au pied de guerre datait de six mois, que depuis sixmois en effet on se préparait en Autriche pour de prochaineshostilités, que l’empereur Napoléon ne s’y était pas trompé,et que de son côté il s’était mis en mesure; que les alarmesqu’on affectait aujourd’hui ne pouvaient être sincères, cal’lorsque les Français occupaient la Silésie avec des armées for-midables, l’Autriche ne s’était pas crue menacée, tandis qu’àprésent que la plusgrandepartie des troupesfrançaisesavaientpassé en Espagne, elle affectait les plus vives inquiétudes ;que ce ne pouvait être là un langage de bonne foi; qu’évidem-
Mars 1809.
Communica-tion ordonnéeà M. deMetterniehpour tenir lieude déclarationde guerre.
Réponsede M. deChampagny à(a communi-cation de M. deMetternieh.