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LIVRE XXXIV.
Mars 1809. ment la politique anglaise l’avait emporté à Vienne; qu’on s’ycroyait prêt, et qu’on agissait parce qu’on supposait le momentfavorable pour agir, mais qu’on ne surprendrait pas la France,et qu’on n’aurait à imputer qu’à soi les conséquences de laguerre, si ces conséquences étaient désastreuses.
M. de Metternich, amené à s’expliquer davantage, se plai-gnit alors et du silence observé à son égard par l’empereurNapoléon, et de l’ignorance dans laquelle on avait laissé l’Au-triche pendant les négociations d’Erfurt. Il sembla attribueruniquement à un défaut d’explications amicales ce malentenduqui menaçait d’aboutir à la guerre. M. de Champagny ré-pliqua avec hauteur que l’Empereur ne parlait plus à un am-bassadeur que la cour d’Autriche trompait, ou qui trompaitla cour de France, car rien de ce qu’il avait promis n’avait ététenu, ni la suspension des préparatifs militaires, ni la recon-naissance du roi Joseph, ni le retour à des dispositions paci-fiques; que les explications étaient donc inutiles avec le re-présentant d’une cour sur les paroles de la laquelle on nepouvait plus compter; que ce n’était pas la personne deM. deMetternich qu’on traitait aussi froidement, mais le représen-tant d’un gouvernement infidèle à toutes ses promesses ; quel’Autriche avait sauvé les Anglais en passant l’Inn en 1805,lorsque Napoléon s’apprêtait à franchir le détroit de Calais ;qu’elle venait de les sauver encore une fois en empêchantNapoléon de les poursuivre en personne jusqu’à la Corogne;qu’elle avait ainsi à deux reprises empêché le triomphe de laFrance sur sa rivale, et le rétablissement d’une paix solide,nécessaire à l’univers; qu’elle en porterait la peine, et qu’ellene trouverait cette fois Napoléon ni moins prompt, ni moinspréparé, ni moins terrible que jadis.
Après quelques autres plaintes de la même nature, lesdeux ministres se quittèrent sans aucune ouverture qui per-mit d’espérer une chance de paix, M. de Metternich paraissantdéplorer la guerre, car son esprit lui en faisait prévoir les