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LIVRE XXXIV.
Mars 1809. grand. Les deux premières, déjà en route de Lyon sur Stras-bourg, eurent ordre de se détourner vers Béfort, et de serendre droit à Ulm, en traversant la forêt Noire par la routela plus courte. Les divisions Carra Saint-Cvr et Legrand eu-rent ordre de ne point s’arrêter à Metz, et de marcher parStrasbourg à Ulm, sans perdre un instant. Les renforts, lesenvois de matériel, furent immédiatement dirigés sur la lignequ’elles devaient suivre, de manière à les joindre en route,et à les compléter chemin faisant. Très-heureusementces troupes étaient assez vieilles pour que leur organisationn’eût pas à souffrir d’une semblable précipitation. Le corpsd’Oudinot, en marche déjà sur Augsbourg, n’était pasdans des conditions aussi bonnes. D’une réunion acci-dentelle de grenadiers et de voltigeurs, il avait dû passerà une formation de quatrièmes bataillons. L’Empereur fitpartir dix jours plus tôt les grenadiers et voltigeurssortis de la garde pour fournir les deux compagnies d’élitede ces quatrièmes bataillons, et les fusiliers tirés des dépôtspour en fournir les quatre compagnies du centre. Mais c’esttout au plus si on pouvait espérer qu’à l’ouverture des hosti-lités ce corps aurait ses bataillons à quatre compagnies aulieu de six, qu’il serait de deux divisions au lieu de trois, de20 mille hommes au lieu de 30 mille. De plus il devait seformer presque en présence de l’ennemi. Mais l’esprit mili-taire du temps, l’expérience des officiers, des soldats, desgénéraux, la chaleur qui animait et soutenait tout le mondedevait suppléer à ce qui manquait.
Pour le corps du maréchal Davout, appelé encore arméedu Rhin, Napoléon ne changea pas le point de rassemblement.11 y dirigea en toute hâte les renforts destinés à compléter lestrois premiers bataillons de guerre, et les détachements quidevaient servir de premiers éléments à la composition desquatrièmes bataillons. Chacune des divisions de cavalerie etd’infanterie ayant à passer par Würzbourg devait y trouver