80
LIVRE XXXIV.
Mars 1609 . vingtaine de mille hommes, devait porter à 190 mille Français,les parcs compris, cette masse principale concentrée entreUlm, Augsbourg et Ratisbonne. Les Bavarois, sous le maré-chal Lefebvre, formaient en avant un excellent corps auxi-liaire d’une trentaine de mille hommes. Le maréchal Augereauen formait un en arrière avec les Wurtembergeois, les Badoiset les Ilessois. Enfin, plus en arrière, le prince Bernadotte,comme on l'a vu, devait commander les Saxons. C’étaient,par conséquent, cinq corps français, dont deux de réserve,ayant un corps auxiliaire en avant, deux en arrière, le toutmêlé de vieux et jeunes soldats, animés du souffle de Napo-léon, ne laissant rien à désirer sous le rapport de la bravourelaissant beaucoup à désirer sous le rapport de l’expérience etde l’âge, mais, tels quels, parfaitement propres à maintenirà sa hauteur présente la gloire de la France. Le prince Ber-thier fut nommé major général, et M. Daru intendant de cettearmée. Napoléon s’eu constitua le commandant en chef. Ellereçut le titre d’armée d’Allemagne, et non plus celui degrande armée, la grande armée malheureusement n’étant plusen Allemagne ni en Italie mais en Espagne,pian de Le projet de Napoléon était de marcher droit de Batis-c Ha’pofêon. e bonne sur Vienne, par la grande route du Danube, et deconfier à ce fleuve son matériel, ses malades, ses écloppés,toute la partie pesante enfin de son armée, ce qui supposaitdès le début quelque terrible coup porté aux Autrichiens.C’est dans cette vue qu’il avait fait acheter quantité de ba-teaux sur tous les fleuves de la Bavière, pour les faire succes-sivement descendre dans le Danube, à mesure qu’il franchi-rait les affluents de ce grand fleuve. C’est encore dans cettevue qu’il avait tiré de Boulogne 1,200 des meilleurs marinsde la flottille, pour les ajouter à la garde.
C’était donc à Ratisbonne qu’il avait l’intention de concen-trer ses forces, en négligeant le Tyrol et laissant les Autri-chiens s’y engager tant qu’il leur plairait, certain de les en-