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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

Avril 1809

Premièresdispositionsde Napoléonen apprenantle combatde Leuchling,et la présencede forcesconsidérablesdu côtéd’Eckmühl.

La journée finie le maréchal Davout envoya sur le-chample général Piré à l’Empereur, pour le renseigner exactementsur ce qui s’était passé, et lui mander ce qu’on apercevait dela position et de la force des Autrichiens, dans ce dédale debois, de rivières, compris entre Landshut et Ratisbonne.L’Empereur, soucieux de la canonnade entendue sur sa gauchevers Eckmühl, ne s’était pas couché, afin de recevoir les avisqui ne pouvaient manquer de lui parvenir de toutes parts.Avec sa prodigieuse pénétration, il avait déjà découvert enpartie l’état des choses, et il commençait à ne plus douter dela position prise par l’ennemi. En effet, Masséna venantd’Augsbourg par Pfaffenhofen sur Landshut, n’avait rencontréqu’un corps de quelqu s mille flanqueurs, qu’il avait poussédevant lui, et jeté en désordre au delà de l’Isar. Les massesde l’archiduc Louis et du général Hiller, qu’on avait pour-suivies à travers la ville de Landshut, ne dénotaient ni parleur nombre, ni par aucun autre signe, la présence de l’arméeprincipale. Le dernier combat du maréchal Davout, dont lanouvelle venait d’arriver dans la nuit, achevait d’éclaircircette situation. Napoléon entrevoyait clairement qu’il avaitsur sa gauche, le long de la chaussée de Landshut à Ratis-bonne par Eckmühl, ou l’archiduc Charles lui-même avec lamasse principale de ses forces, ou tout au moins l’armée deBohême, transportée par le pont de Ratisbonne de la gaucheà la droite du Danube. Dans le premier cas, il fallait se porterà Eckmühl avec toutes ses forces; dans le second, il fallaitrenforcer considérablement le maréchal Davout. Les espritsfermes mettent dans leurs résolutions toute la décision deleurs pensées. Napoléon, sur ce qu’il apprit du combat deLeuchling, fit partir à deux heures après minuit les cuirassiersSaint-Sulpice et les Wurtembergeois sous le général Van-damme, les uns et les autres restés un peu en arrière deLandshut, et ayant par conséquent moins de chemin à fairepour rétrograder vers Eckmühl. Il renvoya sur-le-champ