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[Vol. 6.]
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RATISBONNE.

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le général Piré au maréchal Davout, avec l’annonce de ce ren- Avril isog.fort, et la promesse de renforts plus considérables lorsque lasituation serait définitivement éclaircie.

En effet, les indices qui pour tout autre que lui auraientété chose confuse, se multipliaient d’instant en instant, etachevaient de former sa conviction \ Entre autres il lui enarriva un qui dissipa tous ses doutes, c’était la prise de Ra-tisbonne par l’armée autrichienne. On se souvient que Na-poléon avait ordonné au maréchal Davout de laisser à Ratis-bonne un régiment pour garder cette ville, ce qui eût été unefaute, un régiment ne pouvant y suffire, s’il n’avait été urgentde marcher vers Abensberg avec la plus grande masse pos-sible de forces. Le maréchal Davout avait donc laissé le 65 e ,excellent régiment, commandé par le colonel Coutard, avecordre de barricader les portes et les rues de la ville, car Ra-tisbonne n’avait qu’une simple chemise pour toute fortification,et de s’y défendre à outrance. Le colonel Coutard avait euaffaire le 19 à l’armée deRohéme, et lui avait résisté à coupsde fusil avec une extrême vigueur, si bien qu’il avait abattuplus de 800 hommes à l’ennemi. Mais le lendemain 20, ilavait vu paraître sur la rive droite l’armée de l’archiducCharles venant de Landshut, et il s’était trouvé sans car-touches , ayant usé toutes les siennes dans le combat de laveille. Le maréchal Davout averti lui avait envoyé par la routed’Abach deux caissons de munitions conduits par son brave 'aide de camp Trobriant, lesquels avaient été pris sans qu’ilpût entrer un seul paquet de cartouches dans Ratisbonne.

Le colonel Coutard, pressé entre deux armées, n’ayant plus

1 Sa correspondance, qui pendant cette nuit se compose d’une longuesuite de lettres, et qui est reste'e ignorée des historiens, fait connaître avecla plus grande précision la série d’idées par laquelle il passa avant de prendreson parti, et de donner ses ordres définitifs pour la bataille d’Eckmühl.

C’est un spectacle des plus curieux et des plus instructifs pour l’étude del’esprit humain, que cette correspondance de quelques heures. Je l’ai lueplusieurs fois avec soin, et j’en ai déduit les faits que je rapporte.