RATISBONNE.
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charge de toutes leurs armes à feu, puis une partie d’entre Avri| I8 <»eux, s’élançant à leur tour, prennent en flanc les cuirassiersennemis, les renversent, et les poursuivent à outrance. Alorsles cuirassiers autrichiens, dits de l’empereur, viennent ausecours de ceux de Gottesheim. Les nôtres les reçoivent etles repoussent. Les braves hussards de Stipsicz veulent prê-ter appui à leur grosse cavalerie, et ne craignent pas de sejeter sur nos cuirassiers. Après un honorable effort ils sontculbutés comme les autres, et toute la masse de la cavalerieautrichienne dispersée s’enfuit au delà d’Egglofsheim sur Ko-fering. Tandis que nos cavaliers suivent la chaussée au ga-lop, ceux des Autrichiens, trouvant la plaine marécageuse,veulent regagner la chaussée, se mêlent ainsi au torrent desnôtres, et tombent dans nos rangs. Une foule de combats singu-liers s’engagent alors aux douteuses clartés de la lune, etau milieu de l’obscurité qui commence, on n’entend que lecliquetis des sabres sur les cuirasses, le cri des combattants,le pas des chevaux. Nos cuirassiers portant la double cuirasse,couverts par conséquent dans tous les sens, ont moins depeine à se défendre que les Autrichiens, qui ne portant decuirasse que sur la poitrine, tombent en grand nombre sousles coups de pointe qu’ils reçoivent par derrière. Une foulede ces malheureux sont ainsi blessés à mort. Jamais depuisvingt aus on n’a vu une pareille scène de désolation.
Cependant la nuit étant faite, il devient prudent d’arrêterle combat. En s’avançant on peut rencontrer en désordrel’armée de l’archiduc se repliant sur Ratisbonne, et la jeterdans le Danube; mais on peut aussi la trouver rangée en ordre,et en masse, sous les murs de cette ville, et capable d’arrêterdes vainqueurs qui débouchent sans ensemble, à travers plu-sieurs issues, de la vallée de la grosse Laber. Napoléon ar-rive en ce moment avec Masséna et Lannes à Egglofsheim.
Après quelques instants de délibération, le parti le plus sagel’emporte, et il remet au lendemain à livrer une seconde