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LIVRE XXXIV.
Avril 1809. et leur donna à tous des récompenses. Il y eut de simplessoldats qui reçurent des dotations de quinze cents francsde rente.
Cependant ce n’était pas tout à ses yeux que d’échangerces joyeuses félicitations, il fallait achever de vaincre, et ilPrise de Ratis envoyait aide de camp sur aide de camp auprès du maréchal
bonne,
Lannes, pour accélérer la prise de Ratisbonne. Cet intrépidemaréchal s’était approché de la porte de Straubing, et avaitfait diriger tous les coups de son artillerie sur une maisonsaillante qui dominait l’enceinte. Bientôt cette maison, abat-tue par les boulets, s’écroula dans le fossé, et le combla enpartie. L’obstacle n’était dès lors plus aussi difficile à vain-cre, mais il restait toujours un double escarpement à fran-chir soit pour descendre dans le fossé, soit pour remontersur le mur vis-à-vis, qui n’était qu’à moitié renversé. Ons’était procuré quelques échelles. Des grenadiers du 85 es’en saisirent, et les placèrent au bord du fossé. Mais cha-que fois qu’un d’entre eux paraissait, des balles tirées avecune grande justesse l’abattaient à l’instant. Après que quel-ques hommes eurent été frappés de la sorte, les autres sem-blèrent hésiter. Alors Lannes s’avançant tout couvert deses décorations, s’empara de l’une de ces échelles, en s’é-criant : Vous allez voir que votre maréchal, tout maréchalqu’il est, n’a pas cessé d’être un grenadier. — A cette vueses aides de camp, Marbot et Labédoyère, s’élancent, et luiarrachent l’échelle des mains. Les grenadiers les suivent,prennent les échelles, se précipitent en foule sur le bord dufossé, et y descendent. Les coups de l’ennemi, tirés sur unplus grand nombre d’hommes à la fois, et avec plus de pré-cipitation, n’ont plus la même justesse. On franchit le fossé,on escalade le mur à motié renversé par nos boulets. Lesgrenadiers du 85 e , suivant MM. Labédoyère et Marbot, pé-nètrent ainsi dans la ville, se dirigent vers l’une des porteset l’ouvrent au 85 e , qui entre en colonne dans Ratisbonne,