RATISBONNE.
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La ville est à nous. On court de rues en rues sous la fusil-lade, ramassant partout des prisonniers. Mais tout à coupon est arrêté par un cri de terreur parti du milieu des Autri-chiens : — Prenez garde à vous, nous allons tous sauter enl’air I s’écrie un officier. — Il y avait en effet des barils depoudre qu’on avait laissés dans une rue, et que le feu échangédes deux côtés pouvait faire sauter. D’un commun accordon s’arrête; on roule ces barils de manière à les mettre àl’abri de l’incendie, et à s’épargner aux uns comme aux au-tres un péril mortel. Les Autrichiens se retirent ensuite, etabandonnent la ville à nos troupes.
Cette journée coûta encore à l’ennemi environ deux millehommes hors de combat, et six à sept mille prisonniers.C’était la cinquième depuis l’ouverture de la campagne. Je-tons un regard sur ces cinq journées si remplies. Le 19 avril,le maréchal Davout, remontant le Danube de Ralisbonne àAbensberg, avait rencontré l’archiduc Charles à Tengen, luiavait tenu tête, et l’avait arrêté sur place. Le 20, Napoléon,réunissant la moitié du corps du maréchal Davout aux Ba-varois et aux Wurtembergeois, tandis qu’il attirait le maré-chal Masséna sur le point commun d’Abensberg, avait percévers Rohr la ligne des Autrichiens, et séparé l’archiducCharles du général Hiller et de l’archiduc Louis. Le 21 , ilavait continué ce mouvement, et définitivement séparé lesdeux masses ennemies, en prenant Landshut et la ligned’opération des Autrichiens, pendant que le même jour lemaréchal Davout, formant à gauche le pivot de ses mouve-ments, rencontrait encore, et contenait l’archiduc Charles àLeuchling. Le 22, averti que l’archiduc Charles ne s’étaitpas retiré par Landshut, mais se trouvait à sa gauchevers Eckmühl, devant le corps du maréchal Davout, il avaitsubitement pris sa détermination, s’était rabattu sur Eck-mühl , et, dans cette bataille, livrée sur l’extrémité de laligne ennemie, avait accablé et acculé les Autrichiens vers
Avril 1809.
Résultats decette brillantecampagne decinq jours.