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LIVRE XXXV.
Avril 1809.
Conduite duprince Eugènesurpris par fasoudaine appa-rition desAutrichiens.
Mouvementrétrograde duprince Eugène.
avant-postes à refouler, sur toutes les routes où ils présen-tèrent. Le 10, le colonel Wockmann replia jusqu’à Portés lesavant-gardes de la division Broussier; le général Gavassinifranchit l’Izonzo sans difficulté, et le corps principal débouchaavec moins de difficulté encore sur Udine, où se trouvait uneseule division française.
Le prince Eugène, surpris par cette soudaine apparition,et peu habitué au commandement, quoique déjà très-habituéà la guerre sous son père adoptif, fut vivement ému d’unesituation si nouvelle pour lui. Des huit divisions qui compo-saient son armée, il n’avait auprès de lui que les deux divi-sions françaises Seras et Broussier. 11 avait un peu en ar-rière, entre la Livenza et le Tagliamento, les divisions fran-çaises Grenier et Barbou, ainsi que la division italienneSeveroli, et plus loin, près de l’Adige, la division françaiseLamarque, la division italienne Rusca, plus les dragons quiconstituaient le fonds de sa cavalerie. Quant à sa sixièmedivision française, celle de Mioliis, elle se trouvait encorefort en arrière, retenue qu’elle était par la situation de Romeet de Florence. Dans une telle occurrence le prince Eugènen’avait qu’une détermination à prendre, c’était de se concen-trer rapidement, en rétrogradant vers la masse de ses forces.Quelque désagréable que fût au début un mouvement rétro-grade, il fallait s’y résoudre avec promptitude, ne devantjamais être tenue pour déplaisante la résolution qui vousmène à un bon résultat. Il est vrai que pour braver certai-nes apparences passagères, il faut un général renommé, tan-dis que le prince Eugène était jeune, et sans autre gloire quel’amour mérité de son père adoptif. Il se décida donc à ré-trograder, mais avec un regret qui devait bientôt lui être fa-tal , en l’empêchant de pousser jusqu’où il fallait son mouve-ment de concentration. Il ordonna aux divisions Seras etBroussier de repasser le Tagliamento, de se porter jusqu’àla Livenza, où devaient arriver, en hâtant le pas, les divisions