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LIVHE XXXV.
Avril 1609 . Autrichiens ie loisir de rectifier leur position, pendant quenotre droite s’épuiserait contre des; obstacles tout matériels,et que notre centre, notre gauche, notre arrière-garde;, per-draient leur temps à ne rien faire. C’est ainsi, et avec cetteintelligence, qu’on prodigue bien souvent le sang si précieuxdes soldats, et qu’on joue le sort des empires! C’est ainsi querois et républiques confient, les uns à des fils ou à des frèresincapables, les autres à des favoris de la multitude tout aussiincapables, la vie des hommes et le salut des Étals! LeprinoeEugène était un brave officier, plein de modestie et de dé-vouement, propre un jour à bien conduire une division, maisnon à commander une armée, ni surtout à diriger une. cam-pagne.
Nos soldats ne sachant pas où on les menait, mais satis-faits de combattre un ennemi qu’ils n’avaient pas l’habitudede craindre, marchèrent résolument au feu le 16 avril aumalin, jour de dimanche. Les Français sous Seras, les Italienssous Severoli, se jetèrent bravement sur Palse et Porcia, etenlevèrent les premiers obstacles qui leur étaient opposés.L’arohiduc Jean était en ce moment à la messe avec tout, sonétat-major. Ce prince, quoiqu’il eût à la fois plus d’expérienceplus de prétentions que le modeste prince Eugène, ne montrapas ici plus de jugement que sou adversaire, car après avoirsurpris les Français la veille à Pordenone:, il s’exposait à êtresurpris au même endroit. 11 monta immédiatement; à chevalavec son état-major, courut en avant de Pordenone, et voyantdevant lui, sur la route de Fonlana-Fredda, le général Gre-nier à notre centre, le général Broussier à notre gauche, for-mer des masses que le terrain découvert rendait plus appa-rentes, s’imagina que nous allions replier notre gauche surnotre centre, notre centre sur notre droite, ne lira de cesqu’ilcroyait voir que l’inspiration de rabattre le neuvième corpsde Cardenons sur Fontana-Fredda, pour nous empêcherd’exécuter le mouvement qu’i! supposait, laissa du reste l’es-