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[Vol. 6.]
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marcher non pas contre eux, mais avec eux. Il était en effet Avril isoo.difficile d’obtenir que des Russes marchassent contre desAutrichiens, et avec les Français, afin de contribuer au ré-tablissement de la Pologue. Il est vrai que le prix de ce con-cours c’était la Finlande, la Moldavie et la Valachie, et que sile sacrifice était grand, la récompense était grande aussilAu surplus, le secours des Russes ne pressait pas, tant queNapoléon restait vainqueur sur le Danube; et le plus fâcheuxinconvénient de cette insuffisance de concours c’était la dé-fiance qui en devait résulter, entre les deux empereurs et lesdeux empires.

C’est ce qui explique comment le prince Poniatowski, qui ^ Mouvementétait fondé à espérer, sinon l’assistance directe de 60 mille sur Varsovie.Russes, au moins leur assistance indirecte (et il est certainque s’ils se fussent portés sur la Gallicie, ils y auraient retenules Autrichiens), se trouva, le 10 avril, avoir sur les brasl’archiduc Eerdinand, comme Napoléon avait l’archiduc Char-les, et le prince Eugène l’archiduc Jean. L’archiduc Ferdi-nand, descendant en effet la Yistule, dont les sources sontplacées entre la Silésie et la Gallicie, au revers do la Moravie,s’avança par la rive gauche de ce fleuve sur Varsovie, enprodiguant aux habitants les protestations les plus amicales.Conformément au langage adopté, on venait, disait-il, délivrertous les peuples, les Polonais comme les autres, d’une domi-nation presque aussi onéreuse à ses amis qu’à ses ennemis.

Ce n’étaient pas les Polonais qu’il était facile de tromperavec de pareils discours. Ils sentaient trop que les ancienscopartageants de leur patrie ne pouvaient pas en être les libé-rateurs, que la France seule pouvait être une amie, amie plusou moins secourable sans doute, mais sincère, parce qu’ilétait impossible qu’elle ne le fût pas. Aussi le prince Ponia-towski s’avança-t-il résolument avec une douzaine de millehommes au-devant de l’archiduc Ferdinand. C’étaient cesmêmes Polonais, qui avaient fait leurs premières armes avec