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et qu’on sauvât ainsi la capitale en la remettant temporaire-ment dans les mains de l’ennemi. Il est rare qu’un pareilsacrifice soit sage : il l’était cette fois, et le résultat le prouvadepuis. Le prince Poniatowski, plein de douleur, livra Var-sovie, après avoir stipulé des conditions honorables. Il seporta sur la rive droite de la Vistule entre Modlin et Sierock,avec le projet de se jeter sur tous les corps qui oseraientpasser le fleuve devant lui, et la ferme résolution de défendrepar des combats de détail la patrie infortunée qu’il ne pou-vait plus défendre par des batailles rangées. Son attitude,son noble langage en faisant ce sacrifice, étaient de natureà exalter plutôt qu’à refroidir le zèle des Polonais. Aussi nemanquèrent-ils pas d’accourir auprès de lui, pour l’aider àrecouvrer la capitale qu’il venait de céder momentanémentaux Autrichiens.
Ainsi en Italie, nous étions repliés sur l’Adige ; en Tyrol,nous étions assaillis de toutes parts; en Allemagne, nousétions menacés, outragés par des peuples irrités ; en Pologne,nos alliés perdaient la capitale, que leur avait rendue le traitéde Tilsit. Toutes ces nouvelles vinrent surprendre, et mé-diocrement émouvoir Napoléon triomphant à Ratisbonne. 11avait peu compté sur le concours des Russes, et tenait seu-lement à prouver à l’Europe qu’ils étaient avec lui et nonavec les Autrichiens, ce que la marche de leur armée, si lentequ’elle fût, ne permettait pas de révoquer en doute. Quantau grand-duché de Varsovie, il savait qu’à Vienne il ferait oudéferait de nouveau tous les États de sa dernière création, etque peu importait qu’ils restassent debout, ou fussent ren-versés pendant sa marche victorieuse sur cette capitale. Maisles événements d’Italie l’avaient un peu plus affecté, parcequ’ils découvraient son flanc droit, parce qu’ils exposaient sesÉtats d’Italie aux souffrances de la guerre, parce qu’enfin ilsportaient atteinte à la jeune renommé de son fils adoptif, qu’ilchérissait tendrement. Une circonstance particulière avait
Avril 1809.
Évacuationde Varsoviepar suited’une capitu-lation avecles Autrichiens
Comment lesnouvelles venuesdes diversesparties duthéâtre de laguerre, affectentNapoléon.