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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Avril i?09. la Roth, qu’un pont de chevalets faible et tremblant, incapablede porter les fortes masses qui le traversaient à pas précipi-tés. Derrière était située la ville de Neumarkt, où Bessièresétait à table, pendant que son avant-garde, refoulée sur soncentre, courait le danger d’ôtre culbutée. Heureusement legénéral Molitor, officier d’infanterie formé à l’école du Rhinet le premier des lieutenants généraux de ce temps, arrivaitsuivi de sa division. R avait reconnu le danger et en avaitfait part au maréchal Bessières, qui, voyant là une affaired’infanterie, eut la sage modestie de le laisser agir. Le géné-ral Molitor passa sur-le-champ le pont de la Roth avec sesquatre régiments, et apercevant sur la gauche une hauteurboisée d’où l’on pouvait protéger la retraite, il se hâta del’occuper avec le 2 e de ligne, en précipitant du haut en basune troupe autrichienne qui la défendait. Puis il rangea àdroite les 16 e et 37 e régiments dans une position avantageusepour se servir de leur feu. En ce moment, la cavalerie légèrerefoulée repassait la Roth après avoir essuyé des pertes, etle général bavarois de Wrède était aux prises avec l’ennemiacharné à détruire un de ses bataillons. Mais tout à coup l’at-titude de la division Molitor calma l’ardeur des Autrichiens.Les feux roulants et bien ajustés des 16 e et 37 e de ligne, laforte position du 2 e , les arrêtèrent, et bon gré, mal gré, ilslaissèrent les Bavarois repasser tranquillement la Roth. Les16 e et 37 e régiments défilèrent ensuite, protégés par le 2 e ,qui eut avec les Autrichiens un engagement terrible. Ce braverégiment était si obstiné à lutter que le général Molitor eutgrand’peine à le ramener en arrière. Avant de repasser lepont, il chargea plusieurs fois à la baïonnette, et força ainsiles Autrichiens à lui laisser opérer sa retraite, qu’il exécutale dernier avec un aplomb admiré des ennemis eux-mêmes.

Cette affaire coûta quelques centaines d’hommes aux Ba-varois , et quelques chevaux au général Marulaz. Elle eût pudevenir fâcheuse pour l’avant-garde tout entière, sans la pré-