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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Mai 1809 . soir, on était au bord de la Piave, dont l’ennemi avait coupétous les ponts. On résolut de la traverser à gué, et de seLe prince précipiter sur les autrichiens, qui semblaient faire une halte,'""'piave se * apparemment pour donner à leurs bagages le temps de dé-filer. Le lendemain, les dragons de Grouchy et de Pully pas-sèrent avec une avant-garde d’infanterie, et fondirent sur lesAutrichiens. Ceux-ci furent d’abord repoussés, mais, commeils avaient leurs bagages à défendre, ils résolurent de résisteret se reportèrent en masse sur l’avant-garde du prince Eugène,qui, se trouvant de sa personne aux avant-postes, vit bientôtavec effroi sa cavalerie et son infanterie,refoulées en désordresur la Piave. L’armée n’avait pas encore franchi la rivière, etcelles de nos troupes qui avaient passé les premières pou-vaient essuyer un grave échec. Heureusement la droite, sousle général Macdonald, arrivait en toute hâte. Celui-ci la fitentrer hardiment dans le fleuve, et prendre position au delà.Puis vint le général Grenier, et’ on marcha tous ensemblesur les Autrichiens, qui furent promptement culbutés, etlaissèrent dans nos mains beaucoup de canons, de bagages,2,500 morts ou blessés, plus un nombre à peu près égal deprisonniers. On en avait déjà ramassé 2 mille de l’Adige àla Piave. C’était donc près de 7 mille soldats enlevés enquelques jours à l’archiduc Jean.

Les Autrichiens Le 9 mai on entra dans Conegliano ; le 10 on arriva devant le

repassent les _

Alpes camiques Tagliamento, qu’on franchit au eue de Valvassone. La cava-

et Juliennes.

lerie fut envoyée à droite vers Udine pour débloquer Palma-Nova ; le gros de l’armée marcha à gauche, en remontant leTagliamento vers San-Daniele et Osopo. Les Autrichiens,parvenus aux gorges des Alpes Carniques par lesquelles ilsavaient débouché, furent contraints de disputer encore le ter-rain pour sauver leurs bagages, et firent une nouvelle pertede 1,500 hommes tués, blessés ou prisonniers. Le 11 et 12mai, au moment où Napoléon occupait Vienne, il ne restaitplus d’ennemis en Italie. L’archiduc Jean, qui avait pénétré