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LIVRE XXXV.
Mai 1809. des Saxons à Passau, des Wurtembergeois à Lintz, du corpsde Davout à Saint-Polten, voulait en finir en passant le Da-nube pour se jeter sur l’archiduc Charles, qui était venu seplacer en face de lui avec sa principale armée. Pouvant s’ad-joindre le maréchal Davout, et se procurer ainsi 90 millecombattants, il avait le moyen de terminer la guerre, sansattendre ni le prince Eugène, ni le général Macdonald, ni legénéral Marmont. L’archiduc Charles renforcé de quelquesbataillons recueillis à travers la Bohème, des restes du géné-ral Hiller et de l’archiduc Louis, ne pouvait pas lui opposerplus de \ 00 mille hommes. Il n’y avait pas là de quoi l’intimi-der. Franchir le Danube devant cette armée était donc tou-jours la difficulté à vaincre pour terminer la guerre.
Mais comment franchir un tel fleuve, en pareille saison,avec de si grandes masses, et contre d’autres masses nonmoins considérables? C’est sur quoi Napoléon méditait sans
Raisons de pas-cesse. D’abord fallait-il passer sous Vienne? Cette première
ser le Danube à .
vienne même, ni question était résolue dans son esprit. (Voir la carte n° 32.)
au-dessus, ni ^
au-dessous de Revenir en arrière, à Krems par exemple, pour dérober àl’ennemi l’opération du passage, était impossible, car Vienne,frémissante et dévouée à la maison impériale, eût appelé àl’instant l’archiduc Charles, à moins d’être contenue par uneforce qui aurait manqué le jour de la bataille décisive. Napo-léon eût donc couru la chance de perdre à la fois la capitale,les ressources qu’elle contenait, ses moyens de communica-tion avec le prince Eugène, et l’ascendant moral des armes.Descendre plus bas était moins praticable encore, car audanger de s’absenter de Vienne s’en serait joint un plus grave,celui d’allonger sa ligne d’opération, de se créer par consé-quent un point de plus à garder, et de se priver de 25 à 30mille .hommes, indispensables pour livrer bataille. Vienneétait donc le point forcé du passage. Les deux adversairesy étaient attachés, Napoléon par les raisons que nous venonsde dire, l’archiduc Charles par la présence de Napoléon.