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LIVRE XXXV.
Mai 1809.
Effort* de Napo-léon pour sup-pléeraux moyensde passage quilui manquent.
Raisons qui dé-cident Napoléonà précipiterle passage duDanube.
Concentrationdes forces fran-çaises survienne.
raux Bertrand et Pernetti, l’un du génie, l’autre de l’ar-tillerie.
Quant aux bateaux, on en découvrit quelques-uns dansVienne, car ceux qui descendaient le Danube en convois étaienten général d’un échantillon qui ne convenait pas, ou bienavaient été retenus pour les ponts de Passau, de Lintz et deKrems. On en retira un certain nombre de dessous l’eau, qu’oneut soin de relever et de réparer. On s’en procura de cettemanière environ quatre-vingt-dix, les uns destinés à porterle pont, les autres à conduire les matériaux jusqu’au lieu oùils devaient être employés. A force de recherches dans cettegrande ville, on découvrit des cordages, car la navigation d’unfleuve comme le Danube devait toujours en exiger un appro-visionnement assez considérable. On se procura des madrierspar le sciage des bois, dont la contrée abondait. Enfin quantaux ancres on aurait pu en faire fabriquer dans les forges deStyrie, non loin de Vienne ; mais cette fabrication eût entraînéune assez grande perte de temps, et Napoléon croyant avoirsous la main les forces nécessaires pour battre l’archiducCharles, voulait en finir ausssi vite que la prudence le per-mettrait. En conséquence il imagina de suppléer aux ancresen jetant dans le fleuve des poids très-lourds, comme descanons de gros calibre trouvés dans l’Arsenal de Vienne, oubien des caisses remplies de boulets. Si le fleuve ne venait pasà croître subitement, ainsi qu’il arrive quand les chaleurssont précoces, ce moyen pouvait suffire. On s’y fia, et ondisposa à l’avance les poids qui devaient remplacer les an-cres pour n’avoir plus au dernier moment que la peine de lesjeter dans le fleuve.
Tout étant prêt vers les 16 et 17 mai à Vienne, on fit des-cendre les matériaux à la hauteur de l’île de Lobau vis-à-visd’Ébersdorf. (Voir les cartes 48 et 49.) En même temps lesordres de concentration furent donnés aux troupes qui allaientcombattre au delà du Danube. Toute la cavalerie, sauf une