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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Mai 1809.

Napoléon avant,donné le signai,le généralMolitor réocrupede vive force levillage d’Aspern.

présentait une espèce d’ilot. (Voir la carte n° 49.) En s’em-parant de cet ilôt, l’ennemi pouvait passer entre Aspern etle Danube, tourner notre gauche, et courir au petit pont,seule issue que nous eussions pour déboucher ou nous retirer.Le général Molitor, à la tête des 16 e et 67“ de ligne, régimentsaccomplis, commandés par deux des meilleurs colonels del’armée, Marin et Petit, entra au pas de charge dans la ruequi formait le milieu d’Aspern afin d’en déloger les Autrichiens.Ces deux régiments pénétrèrent baïonnette baissée dans cetterue fort large, car les villages d’Autriche sont vastes et cons-truits très-solidement : ils repoussèrent tout ce qui s’oppo-sait à eux, se portèrent au delà, et firent évacuer les envi-rons de l’église, située à l’extrémité delà rue. Le généralMolitor plaça ensuite ses deux régiments derrière un grosépaulement en terre qui entourait Aspern, et attendit la co-lonne de Ililler, qui venait au secours de son avant-garde. 11la laissa approcher, puis commença de très-près un feumeurtrier, qui abattit dans ses rang un nombre d'hommesconsidérable. Après avoir entretenu ce feu quelque temps,le brave général Molitor fit sortir ses soldats de l’épaulementqui les couvrait, les lança à la baïonnette sur la colonne autri-chienne, et la culbuta au loin. En un instant le terrain futévacué, et la première attaque chaudement repoussée. Cetacte de vigueur exécuté, le général Molitor, employant habile-ment les deux autres régiments de sa division, dirigea le 37 eà gauche sur l’îlot dont il vient d’être parlé, le reprit, et, profi-tant de tous les accidents de terrain, s’étudia à le rendreinaccessible. 11 plaça le 2 e à droite de l’entrée du village,afin d’empêcher qu’on ne fût tourné. Masséna, assistant 5 cesdispositions, avait rangé à droite et en arrière d’Aspern ladivision Legrand, pour la lancer quand il serait nécessaire.La cavalerie du général Marulaz, composée de quatre régi-ments français et de deux allemands, formait la liaison avec lacavalerie des généraux Lasalle et Espagne vers Essling. Du