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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Mai 1809 . pressé vers Breitenlée, voit nos colonnes devenir subitementimmobiles, sans pouvoir s’en expliquer la cause. 11 profitede ce moment de répit pour reporter de sa droite à sa gaucheune partie du corps de Bellegarde, et pour ranger en ligne der-rière le corps de Hohenzollern les seize bataillons de grena-diers qui formaient sa réserve, plus une masse énorme d’ar-tillerie, car il possédait près de 300 bouches à feu, et pouvaiten réunir 200 sur ce point si menacé. Remis ainsi de sonpremier trouble, il fait diriger sur Lannes une canonnade ef-froyable. La division Saint-Hilaire, la plus avancée des trois,placée en l’air pour ainsi dire, reçoit de front et de flanc unfeu de mitraille continuel. Elle rétrograde lentement, avecl’aplomb qui convient, et aux vieux régiments dont elle estcomposée, et au chevaleresque Saint-Hilaire qu’elle a pour chef.Par malheur ce brave officier, ancien ami de Napoléon, tombefrappé à mort d’un biscaïen. Sa division, saisie de douleur,se maintient cependant. Lannes accourt pour remplacer Saint-Hilaire, et ramener sa division sur un terrain moins exposé.11 rétrograde, mais comme un lion qu’il est dangereux de pour-suivre. Les corps qui veulent le serrer de trop près essuientde rudes charges à la baïonnette, et sont violemment repous-sés. Passant de la division Saint-Hilaire aux deux divisionsd’Oudinot, Lannes les conduit avec la même vigueur devantun adversaire que notre retraite a rempli de confiance. Mal-heureusement les soldats d’Oudinot souffrent plus que les au-tres, parce qu’on n’a pas osé déployer en face de l’ennemi destroupes aussi jeunes. Rangés en colonnes profondes, ils per-dent par le boulet des files entières.

Lannesahriteses Peu à peu Lannes ramène sa ligne à la hauteur du fossé qui

troupes derrière

te mi ’K s s u n g *à s ’^ ten( ^ d’Essling jusqu’à Aspern, et qui présente une sorte d’a-Aspem. bj-j derrière lequel son infanterie peut se mettre à couvert. Sonartillerie, quoique inférieure en nombre et en approvisionne-ments à celle de l’ennemi, reste seule sur la partie saillante dece fossé, afin d’arrêter le mouvement des colonnes autrichiennes