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[Vol. 6.]
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WAGRAM.

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apercevant une litière faite de branches d’arbres, sur laquellegisait Lannes qu’on venait d’amputer, il courut à lui, le serradans ses bras, lui exprima l’espérance de le conserver, et letrouva, quoique toujours héroïque, vivement affecté de sevoir arrêter sitôt dans celte carrière de gloire. — Vous allezperdre, lui dit Lannes, celui qui fut votre meilleur ami etvotre fidèle compagnon d’armes. Vivez et sauvez l’armée. —La malveillance qui commençait à se déchaîner contre Napo-léon, et qu’il n’avait, hélas! que trop provoquée, répanditalors le bruit de prétendus reproches, que Lannes lui auraitadressés en mourant. Il n’en fut rien cependant. Lannes reçutavec une sorte de satisfaction convulsive les étreintes de sonmaître, et exprima sa douleur sans y mêler aucune paroleamère. Il n’en était pas besoin : un seul de ses regards rap-pelant ce qu’il avait dit tant de fois sur le danger de guerresincessantes, le spectacle de ses deux jambes brisées, la mortd’un autre héros d’Italie, Saint-Hilaire, frappé dans la journée,l’horrible hécatombe de quarante à cinquante mille hommescouchés à terre, n’étaient-ce pas là autant de reproches assezcruels, assez faciles à comprendre? Napoléon, après avoirserré Lannes dans ses bras, et se disant certainement à lui-même ce que le héros mourant ne lui avait pas dit, car legénie qui a commis des fautes est son juge le plus sévère,Napoléon remonta à cheval, et voulut profiter de ce qui luirestait de jour pour visiter l’île de Lobau, et arrêter ses dis-positions de retraite. Après avoir parcouru l’ile dans tous lessens, avoir examiné de ses propres yeux les divers bras duDanube qui, changés en véritables bras de mer, roulaient lesdébris des rives supérieures, il acquit la conviction que l’ar-mée trouverait dans l’ile de Lobau un camp retranché où elleserait inexpugnable, et où elle pourrait s’abriter deux ou troisjours, en attendant que le pont sur le grand bras fût rétabli.Le petit bras qui la séparait des Autrichiens était impossibleà franchir en présence de Masséna, qui serait là pour en dis-

Mai 1800.

Entrevue de] annes et deîs'apoleo».

Mapole'on visitel’île de Lobauavant la chutedu jour.