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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Mai 1800. puter le passage. La largeur de l’ile ne permettait pas qu’enl’accablant de boulets on la rendît inhabitable pour nos sol-dats. Enfin en employant tout ce qu’il y avait de bateaux surla rive droite, on parviendrait à apporter des vivres, des mu-nitions, de manière que l’armée eût de quoi subsister et sedéfendre. Ces vues promptement conçues et arrêtées, Napo-léon revint à la nuit vers le petit bras. Le maréchal Massénas’y était transporté dès qu’il avait cru pouvoir confier la garded’Aspern à ses lieutenants. Le maréchal Bessières, le majorgénéral Berthier, quelques chefs de corps, le maréchal Da-vout venu en bateau de la rive droite, étaient réunis à cerendez-vous assigné au bord du Danube, au milieu des débris

Sma^'h'onTda cette sinistre journée. Là on tint un conseil de guerre.

Napôuson '"t&es Napoléon n’avait pas pour habitude d’assembler de ces sortesmaréchaux. ^ conseils, dans lesquels un esprit incertain cherche, sansles trouver, des résolutions qu’il ne sait pas de prendre lui-même. Cette fois il avait besoin, non pas de demander un avisà ses lieutenants, mais de leur en donner un, de les remplir desa pensée, de relever l’âme de ceux qui étaient ébranlés, et ilest certain que, quoique leur courage de soldat fût inébranla-ble, leur esprit n’embrassait pas assez les difficulté^ et les res-sources delà situation, pour n’étre pas à quelques degrés sur-pris, troublé, abattu. Le caractère qui fait supporter les reversest plus rare que l’héroïsme qui fait braver la mort. Napoléon,calme, confiant, car il voyait dans ce qui était arrivé un pur ac-cident qui n’avait rien d’irréparable, provoqua les officiers pré-sents à dire leur avis. En écoutant les discours tenus devant lui,il put se convaincre que ces deux journées avaient produit uneforte impression, et que quelques-uns de ses lieutenants étaientpartisans de la résolution de repasser tout de suite, non-seu-lement le petit bras afin de se retirer dans l’ile de Lobau,mais aussi le grand bras, afin de se réunir le plus tôt possibleau reste de l’armée, au risque de perdre tous les canons,tous les chevaux de l’artillerie et de la cavalerie, douze ou