WAGRAM.
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Masséna tiendrait à Aspern jusqu’à minuit, défilerait ensuiteavec l’armée sur le petit pont, défendrait la Lobau le lende-main contre les entreprises de l’ennemi, et attendrait derrièrele petit bras du Danube les vivres et les munitions qu’on al-lait lui envoyer en bateaux. Pendant ce temps on rétabliraitle grand pont, et si, contre toute vraisemblance, l’archiducCharles osait faire une tentative, en descendant sur Presbourg ,
ou en remontant jusqu’à Krems, pour se transporter sur larive droite, et venir nous disputer Vienne, le maréchal Da-vout lui tiendrait tête avec ses 30 mille hommes, qui valaient60 mille Autrichiens, avec le reste des cuirassiers, avec lacavalerie de la garde qui n’avaient point passé, avec les Wur-tembergeois, les Bavarois, les Saxons. Ainsi Masséna, Davout,leur dit-il, vous vivez, et vous sauverez l’armée, en vousmontrant dignes de ce que vous avez déjà fait. — Masséna,souvent mécontent, blâmant même avec amertune la précipi-tation qu’on avait mise à passer le Danube, Masséna, trans-porté de tant de raison et de fermeté, saisit la main de Na-poléon et’lui dit : — Vous êtes, sire, un homme de cœur, et vif assentiment
. . donné par Mus-
digne de nous commander! Non, il ne faut pas fuir comme séna aux paroles
de Napoléon.
des lâches, qui auraient été vaincus. La fortune nous a malservis, mais nous sommes victorieux néanmoins, car l’ennemiqui aurait dû nous précipiter dans le Danube a mordu lapoussière devant nos positions. Ne perdons pas notre attitudede vainqueurs, bornons-nous à repasser le petit bras du Da-nube, et je vous jure d’y noyer tout Autrichien qui voudraitle franchir à notre suite. — Davout promit de son côté degarder Vienne, et de repousser toute attaque qui viendraitpar Presbourg ou Krems, pendant l’opération du rétablisse-ment des ponts, opération après laquelle l’armée réunie surune seule rive n’aurait plus rien à craindre de l’archiducCharles.
Tous les cœurs se trouvèrent raffermis à la suite de ceconseil tenu au bord du Danube, sous les derniers boulets