268
LIVRE XXXV.
Mai 1809.
Raffermis >ementdes cœurs à lasuite du conseilde guerre tenudans la soiréedu 22.
Après avoir or-donne' la retraitedans Pile deLobau, et en avoirconfié la direc,tion à Masséna,Napoléon re-passe le Danubedans la nuit.
lancés par les Autrichiens. Il fut convenu que Masséna pren-drait le commandement en chef de l’armée, emploierait lanuit à traverser le petit bras, tandis que Napoléon repassantde sa personne le grand bras avec Berthier et Davout, iraitdiriger lui-même les deux opérations qui pressaient le plus,l’envoi dans la Lobau de munitions de guerre et de bouche,et le rétablissement du grand pont. On se quitta consolés,résolus, confiants les uns dans les autres. Pendant que Mas-séna retournait à Aspern, Napoléon se rendit à travers laLobau sur le bord du bras principal du Danube après avoirdonné tous ses ordres. Il eut de la peine à franchir plusieursgros ruisseaux qui s’étaient formés dans l’intérieur de l’ile parsuite de la crue des eaux. Il arriva entre onze heures du soiret minuit au bord du grand Danube, et voulut le passer im-médiatement. Le péril était grave, car outre une obscuritéprofonde il fallait braver les énormes corps flottants que lecourant entraînait, et qui heurtant la frôle barque dans la-quelle Napoléon allait monter, pouvaient la submerger. Maisil n’y avait pas à hésiter en présence des grands devoirs quirestaient à remplir, et avec la confiance de César au milieudes flots de l’Épire, Napoléon s’embarqua sur un esquif, ac-compagné de Berthier et de Savary, conduit par quelquespontonniers intrépides, qui le transportèrent sain et sauf surl’autre rive. A peine débarqué à Ébersdorf il donna ses pre-miers ordres pour attirer sur ce point toutes les barques dis-ponibles, les remplir de biscuit, de vin, d’eau-de-vie, de gar-gousses, de cartouches, d’objets de pansement, et les dirigersur l’ile de Lobau. Les bateaux détachés du grand pont dé-truit suffisaient dans le moment, pour porter le nécessaire àl’armée de l’autre côté du fleuve. On commença cette opéra-tion dans la nuit môme, ou plutôt on la continua plus active-ment, car après la rupture du pont, on avait déjà eu recoursà ce moyen dans le courant de la journée.
Pendant ce temps Masséna, investi du commandement en