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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Mai 1809. il faut le reconnaître, quelques considérations sensées àfaire valoir en faveur de cette manière de sé conduire. Ilpouvait se dire, en effet, que le temps était à son avantage,que ne pas périr était beaucoup quand on se battait dansson pays, à portée de ses ressources, entouré de toutesles sympathies de l’Allemagne, qui ne demandait qu’uneoccasion pour éclater. Il pouvait se dire que Napoléonau contraire, à plusieurs centaines de lieues de sa fron-tière, vivant au milieu de populations ennemies, au seind’une capitale conquise et frémissante, ne s’y maintenantque par le prestige de son invincibilité, avait besoin pourse soutenir de coups d’éclat continuels, et surtout d’en finirvite pour en finir à son honneur; que pour le général fran-çais, passer le Danube était la condition indispensable detout succès définitif, et qu’avoir échoué dans ce passageétait un échec moral autant qu’un échec matériel ; qu’il va-lait mieux par conséquent persister à lui opposer un genred’obstacle qui seul l’avait arrêté jusqu’alors, et persévérerdans une tactique qui avait réussi, que d’aller soi-mêmes’offrir à ses coups, et risquer des batailles douteusesen essayant un passage hasardeux, au-dessous ou au-des-sus de Vienne. L’archiduc Charles pouvait se faire, et sefit ces raisonnements, qui étaient sages, qui méritaientmême d’être approuvés, si, adoptant un pareil plan, ille suivait dans toutes ses conséquences, s’il employait letemps qui allait s’écouler à renforcer l’armée autrichienne,à rendre le Danube de plus en plus difficile à franchir,et à soulever autour de Napoléon les résistances de toutenature, qu’un avantage obtenu sur lui devait naturelle-ment provoquer. C’est au moins ce qu’il parut faire dansles premiers moments, s’attachant à garder plus forte-ment que jamais sa position vis-à-vis devienne, s’étu-diant à augmenter les difficultés de tout passage ultérieurdu Danube, concentrant sur ce point le plus de forces pos-

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