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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV,

Mai 1809. perdre un seul jour, il donna les ordres suivants pour le re-crutement de l'armée. Comme il avait eu soin de remplir lesdépôts, soit à l’aide d’une anticipation sur la conscription de1810, soit à l’aide d’un nouvel appel sur les classes antérieu-res, il pouvait en tirer aujourd’hui les hommes levés précé-demment, certain qu’ils seraient remplacés par les derniersappelés. En conséquence il lit acheminer sur Strasbourgtous les conscrits déjà instruits, en lès réunissant en batail-lons de marche qui devaient porter les numéros des divisionsmilitaires où étaient situés les dépôts. Mais il avait un moyenplus sûr encore de se procurer immédiatement des hommes■ tout formés, c’était de les prendre dans les demi-brigadesprovisoires, qu’il avait organisées dans le Nord, sur les fron-tières du Rhin, et même en Italie, en les composant de quatrièmeset cinquièmes bataillons. Il ordonna d’y puiser, pour les corpsdeMasséna, d’Oudinot, deDavout, de nombreuses recrues, enenvoyant les unes directement à leur régiment, en incorpo-rant les autres dans les régiments auxquels elles n’apparte-naient pas d’origine. Napoléon avait déjà eu recours à cedernier moyen ; il persista à l’employer, vu l’urgence des cir-constances, et il l’appliqua à trois régiments revenus depuisune année du Portugal, et restés sur les côtes de Bretagne,où ils avaient été largement pourvus de jeunes soldats. Il entira trois à quatre mille hommes parfaitement instruits, etqui, moyennant leur incorporation dans d’autres régiments,pouvaient servir à recruter ceux dont les dépôts manquaientde conscrits. 11 désigna ainsi vingt à vingt-cinq mille fantas-sins qui devaient être fournis par les dépôts de France, etsix à huit mille par ceux d’Italie. Il adopta les mêmes me-sures pour la cavalerie qui avait dans ses dépôts des ressour-ces considérables, vu qu’on n’y avait pas beaucoup puisé jus-qu’alors, et il fit diriger de nombreux escadrons de marchedu Rhin au Danube. 11 travailla surtout à la remonter, carelle avait perdu des chevaux, plus encore que des hommes.