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LIVRE XXXV.
jui« 1809. à l’affranchissement de la Hongrie comme à celui de la Po-logne, et les esprits portés vers les idées nouvelles avaienttémoigné pour lui une sorte de penchant, indépendant del’admiration qu’inspirait au monde sa prodigieuse carrière.Néanmoins les instances de l’archiduc Palatin, la présenee dela cour, l’action qu’elle exerçait sur la haute noblesse, avaientcontre-balancé les influences opposées, et la Hongrie s’étaitlevée à la voix des archiducs, mais, selon beaucoup de rap-ports, moins par enthousiasme que par calcul. Elle avaitvoulu, disaient ces rapports, sous prétexte de la levée enmasse, s’exempter des charges régulières en hommes et enargent qui auraient pesé sur elle, si elle avait été traitée commeles autres provinces de la monarchie. Il faut reconnaître qu’ellen’avait pas fourni par la levée en masse plus d’une ving-taine de mille hommes, dont 7 ou 8 mille de cavalerie noble,et 12 mille de mauvaise infanterie, celle-ci composée d’Alle-mands que les nobles payaient pour les remplacer dons lecontingent de l’insurrection.
Connaissant ces dispositions douteuses, Napoléon avaitadressé aux Hongrois des proclamations amicales, pour leurpromettre à la paix l’indépendance, et pendant la guerrel’exemption de toute espèce de charges, s’ils renonçaient àprendre les armes contre lui. L’effet de ces proclamationsn’avait pas été de les détacher de la maison d’Autriche, maisd’attiédir leur zèle pour le gouvernement autrichien, et de lesdisposer à accueillir les Français avec moins d’hostilité.
C’est à cet état de choses que se rapportaient les instructionsdonnées par Napoléon au prince Eugène concernant la Hon-grie. Elles étaient parfaitement sages, de même que toutesles instructions militaires qu’il adressait presque chaque jourà ce jeune prince. Celui-ci, comme on va le voir, les suivitde son mieux dans la mesure de sa capacité, et à peu prèsaussi bien que Napoléon pouvait le désirer pour le résultatgénéral de la campagne.