WAGRAM.
301
coup de sabre même avec les cuirassiers, et laissa à décou- Juin 1809 -vert la gauche des Autrichiens. Restaient les hussards régu-liers de l’archiduc Jean, qui étaient dignes de se mesurer avecles nôtres. Ils chargèrent Montbrun, qui le leur rendit sur-le-champ, et les obligea à se replier sur leur corps de bataille.
Pendant ce temps l’infanterie de Seras, rangée sur deuxlignes, avait abordé le plateau occupé par les Autrichiens, ense dirigeant sur la ferme de Kismegyer. Avant d’y atteindreelle rencontra le ruisseau fangeux qui couvrait la position del’ennemi, et le trouva plus difficile à franchir qu’on ne l’avaitsupposé d’abord. Ce ruisseau était profond, présentait peud’accès, et était défendu par de braves et adroits tirailleurs.
On parvint cependant à le traverser, et on marcha sur le vastebâtiment carré composant la ferme de Kismegyer, dont les pl p' r !l “ a “î 1 c ( f“ p<?murs étaient crénelés et défendus par douze cents hommes autn( ' 1 ' l0,me -de la meilleure infanterie. Tandis que Seras allait se heurtercontre cet obstacle redoutable, Durutte avec son infanterie,formant le second échelon, arrivait aussi devant le ruisseau,le passait, gravissait le plateau sous une grêle de projectiles,et abordait par la droite le village de Szabadhegy, que la di-vision italienne Severoli abordait également par la gauche.
En cet instant on était engagé sur toute la ligne, et l’artilleriedes Autrichiens, jointe à leur mousqueterie, faisait sur nostroupes un feu plongeant des plus meurtriers. Le prince Eu-gène, courant d’un bout à l’autre du champ de bataille, pro-diguait sa vie en vaillant officier, jaloux de compenser par sabravoure ce qui lui manquait encore sous le rapport du com-mandement.
Le général Seras, après s’ôtre fort approché de la fermede Kismegyer, essuya par toutes les ouvertures un si ter-rible feu de mousqueterie, qu’en quelques minutes ileut 7 à 800 hommes couchés par terre, dont une soixan-taine d’officiers, à tel point que ses troupes, sinon ébranlées,du moins un peu étonnées, eurent besoin d’un secours qui