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LIVRE XXXV.
Juin 1809.
I
Broussier s’opérait aussi, malgré quelques accidents, les unsnaissant des circonstances, les autres de mauvaises combi-naisons que Napoléon, à la distance où il était, ne pouvaitpas toujours rectifier à temps. Le général Broussier, laisséseul à Gratz, eût été fort compromis si ses troupes n’avaientpas été des plus solides. Après avoir commencé par canon-ner avec des obusiers la citadelle de Gratz, sans réussir à lasoumettre, le commandant s’étant montré résolu à ne céderque devant une attaque sérieuse, il avait pris ses dispositionspour rester maître de la ville, indépendamment de la citadelle,et pour tenir la campagne au loin, afin de tendre la main augénéral Marmont qui s’approchait. Il avait fait plusieurs ex-cursions vers la Croatie, dans la direction que suivait le gé-néral Marmont, jusqu’à des distances de douze ou quinzelieues; et chaque fois, avec cinq à six mille hommes, il avaitlivré au ban Giulay de petites batailles, dans lesquelles ill’avait complètement battu. Mais, en s’éloignant toujoursainsi de Gratz, il n’avait pu garder suffisamment les routes duTyrol, et le général Chasteler, traversant les postes de l’arméed’Italie, avait gagné la Hongrie, avec quatre ou cinq millehommes, beaucoup plus heureusement que le général Jella-chich. Sur ces entrefaites, le général Marmont, qui s’étaitarrêté quelques jours en apprenant les revers de l’arméed’Italie, avait bientôt repris sa marche, s’était avancé jusqueprès de Gratz, avec autant de prudence que de hardiesse,et il venait de donner avis de son approche au général Brous-sier. Celui-ci, à cette nouvelle, se hâta de descendre laMuhr,dans l’espoir de joindre le général Marmont à Kalsdorf, lais-sant deux bataillons du 84 e dans un faubourg de Gràtz pourgarder la ville. Mais pendant qu’il descendait la rive droitede la Muhr, le ban Giulay en remontait la gauche à la tête dequinze mille hommes, moitié de troupes régulières, moitié del’insurrection croate, et venait assaillir à l’improviste les deuxbataillons chargés de défendre Gratz. Ces deux bataillons,