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LIVRE XXXV.
Juin 1809.
Suite de la cam-pagne du princePoniatowski enPologne.
Refus desllussesd’aider les Polo-nais contre lesAutrichiens».
En Pologne, la campagne habilement conduite par le princePoniatowski, avait eu des résultats inespérés, quoique peudécisifs. Livrant la rive gauche de la Yistule à l’impatiencedes Autrichiens, qui non contents d’occuper Varsovie, avaienteu l’imprudence de descendre jusqu’à Thorn, ce prince s’étaitréservé la rive droite, les avait repoussés toutes les fois qu’ilsavaient voulu la franchir, puis l’avait remontée jusqu’en Gal-licie, pour réveiller l’esprit insurrectionnel des Polonais cou-vant sourdement dans cette province. A son apparition, eneffet, une partie des Galliciens s’était levée, et lui avait offertdes vivres, des munitions et des hommes. 11 était entré àSandomir, et menaçait même Cracovie. L’archiduc Ferdinand,ramené en arrière par les opérations du prince Poniatowski,avait été obligé de faire une retraite rapide, qu’on aurait puinterrompre, et rendre désastreuse en passant de la rivedroite sur la rive gauche, pour l’arrêter dans son mouvementrétrograde. Un corps polonais de 5 mille hommes sous legénéral Dombrowski s’était proposé ce plan, mais il était in-capable à lui seul de l’accomplir, et courait la chance de sefaire écraser, sans avoir celle d’arrêter l’ennemi. Les Russes,sous le prince Gallitzin, arrivés en ligne vers les derniers joursde juin, tandis qu’ils auraient dû y être en avril, pouvaientexécuter cette manœuvre, et ne pas laisser revènir en Gallicieun seul Autrichien. Le prince Poniatowski les suppliant d’agirainsi, avait trouvé chez eux une mauvaise volonté évidente,que n’expliquaient plus la saison, le débordement des rivières,l’imperfection de l’administration russe. Le vrai motif de leurinaction, c’est qu’ils éprouvaient à détruire les Autrichiensau profit des Polonais, une répugnance telle qu’ils désobéis-saient aux ordres mêmes de leur gouvernement. Le princeGallitzin, fortement réprimandé par Alexandre, avait montréun peu moins de froideur au prince Poniatowski, mais il n’a-vait rien fait pour vaincre la résistance de ses lieutenants, etl’un d’eux, le prince GortchakolF, avait même écrit qu’ü arri-