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sur la rive droite, en laissant les Autrichiens tranquilles sur Ju<» i«<9.la rive gauche,♦c’était prolonger indéfiniment la guerre, perdreson prestige, multiplier les chances d’accident, accroîtreenfin l’ébranlement général des esprits en Europe, et mêmeen France. A passer le fleuve, c’était à Vienne, comme nousl’avons encore dit, non au-dessus, non au-dessous, qu’il fallaitle faire : car au - dessus c’était rétrograder en arrière deVienne, abandonner les immenses ressources de cette capitalel’effet moral de sa possession, le point principal d’intersectiondes routes d’Autriche, d’Italie et de Hongrie : au-dessous o’é-tait allonger inutilement notre ligne d’opération, c’était sedonner un point de plus à garder sur le Danube, et se priverd’un corps d’armée nécessaire le jour de la bataille. Il fallaitdonc passer à Vienne même. Une lieue de plus ou de moinsn’y faisait rien, mais il fallait absolument passer en vue duclocher de Saint-Étienne.
On connaît également les propriétés de l’île de Lobau, si En quoi consis-tait l'opération du
heureusement choisie par Napoléon pour faciliter l'exécution passage du Da-
1 1 nuhe par l’île de
de ses projets. Cette île spacieuse, située au delà du grand Lobau,bras, et séparée de la rive ennemie par un bras d’une mé-diocre largeur, réduisait l’opération du passage à l’entreprisede franchir un fleuve large comme la Seine sous Paris, au lieud’un fleuve large comme le Rhin devant Cologne. L’entrepriseen restant difficile, devenait praticable. Mais pour y réussir,il fallait d’abord rendre infaillible le passage du bras princi-pal, qui conduisait dans l’ile, puis convertir file elle-même enun vaste camp retranché pourvu d’abondantes ressources, ety tout disposer à l’avance pour- qu’on pût franchir sans dan-ger le petit bras en présence de l’ennemi. C’est à quoi Napo-léon employa les quarante jours qui s’écoulèrent du 23 maiau 2 juillet avec une activité, une fécondité d’esprit in-croyables , et dignes du grand capitaine qui avait passé leSaint - Bernhard, et rendu possible la traversée du Pas-de-Calais.