356
LIVRE XXXV.
Juillet 1809. Jean, remontant de Presbourg, viendrait les assaillir par der-rière , et qu’ils ne tiendraient point contre un tel concoursd’efforts. Tout cela eût été possible, probable même, si,manœuvrant comme Napoléon, l’archiduc eût amené sur lechamp de bataille 30 ou 40 mille hommes de plus qu’il auraitpu y avoir; s’il eût averti en temps utile son frère l’archiducJean ; si enfin profitant de cette circonstance que le champ debataille était connu d’avance, il eût accumulé entre NeusiedelWagram des travaux qui auraient rendu ce camp retranchéinexpugnable. Alors une attaque de flanc sur les Français,déjà épuisés par une tentative infructueuse, aurait produitdes résultats infaillibles. Mais l’archiduc Charles n’avait rienfait de tout cela, comme on l’a vu; il s’était borné à éleversur le terrain qu’il fallait défendre des baraques pour sestroupes, et il n’avait expédié à son frère l’archiduc Jeanl’ordre de le joindre que la veille au soir, c’est-à-dire le 4.[.'obstacle que ces baraques avaient présenté dans l’échauf-fourée de la nuit, et qu’elles présentèrent le lendemain, suf-fit pour prouver ce qui aurait pu arriver, si des ouvra-ges considérables avaient été ajoutés à la configuration deslieux.
Quoi qu’il en soit, dans l’une des maisons à moitié incen-diées du village de Wagram, évacué par Bernadotte, l’ar-chiduc Charles dicta ses ordres. Il prescrivit à sa gauche den’entrer en action que lorsque sa droite, mise en mouvementdès la nuit même, aurait abordé les Français, et commencéà les ébranler par l’attaque de flanc dont elle était chargée.Cette aile, composée des corps de Klenau et de KoIIovrath,devait se mettre en marche tout de suite, c’est-à-dire à uneou deux heures du matin, se précipiter sur notre gauche quin’était composée que du corps de Masséna, la repousser deKagran sur Aspern, de Süssenbrunn sur Breitenlée. Immé-diatement après, les réserves de grenadiers et de cuiras-siers , formant entre Gerarsdorf et Wagram la liaison de la