LIVRE XXXV.
Juillet 1809.
Profond reposdans le camp desFrançais, tandis(pi'on se fatiguedans le camp desAutrichiens.
Napoléon Re dé-cide, avant d’a-dopter un plandéfinitif, à lais-ser l’ennemi ma-nifester ses des-seins.
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de deux heures pour être transmis à la droite, c’est-à-direaux corps de Kollovrath et de Klenau, qui étaient à plus dedeux lieues entre Gerarsdorf et Stainersdorf, et qu’il fallutchercher au milieu d’une extrême confusion. Par surcroit demalheur, dans la retraite opérée le soir, le corps de Klenaus’était trop rapproché de Gerarsdorf, et était venu occuperla place qui était destinée à celui Kollovrath. Il fallut donc,soit pour joindre dans l’obscurité les corps composant ladroite, soit pour leur faire prendre leur position de batailleplus de temps qu’on ne l’avait supposé au quartier général,et il était déjà près de quatre heures qu’ils commençaient àpeine à entrer en mouvement. Au contraire, à ce même mo-ment la gauche, avertie plus vite, n’étant pas exposée à per-dre du temps pour chercher sa position, allait agir la pre-mière, tandis qu’elle n’aurait dû agir que la seconde, et bienaprès la droite.
Pendant que tout était en mouvement dans le camp autri-chien, et que les troupes, pour rectifier des positions malprises, se fatiguaient au lieu de se reposer, un calme profondrégnait chez les Français. Couchés sur le terrain occupé laveille ils dormaient, grâce à Napoléon, qui ayant bien ren-forcé sa droite, à cause de l’arrivée possible de l’archiducJean, mais plus encore son centre , où il avait accumulé desforces considérables, n’avait qu’à se tenir tranquille, en at-tendant que l’ennemi prit le soin de démasquer ses desseins.Il avait donc ordonné à ses maréchaux d’être sous les armesà la pointe du jour, mais de laisser les Autrichiens se pro-noncer avant d’agir, pour saisir avec certitude le point oùl’on pourrait les frapper mortellement. Il inclinait toutefoisà faire enlever par Davout et Oudinot les hauteurs de Neu-siedel à Wagram, à exécuter en même temps une percéeau centre avec l’armée d’Italie, les Saxons, et le corps deMarmont, tandis que Massénase bornerait à contenir avec sesquatre divisions la droite des Autrichiens d’Aderklaa au Da-