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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXVI.

Fév. 1809. entre Saragosse et Tudela, soit pour le diriger sur le midi del’Espagne, soit pour le ramener sur le Rhin, selon les événe-n au ! g(?néri" e ments - Le général Saint-Cyr, vainqueur des Espagnols àen Catalogne Cardedeu, à Molins-del-Rey, devait avec 48 mille hommesd’effectif, 40 de force réelle, achever la conquête de la Cata-logne par le siège de ses places fortes. Enfin le nord de l’Es-pagne, constituant notre ligne d’opération, était confié à unetroupe de cavalerie, et à une multitude de corps séparés, quiformaient les garnisons de Burgos, de Vittoria, de Pampelune,de Saint-Sébastien, de Bilbao, de Saint- Ander, et qui pou-vaient en cas de nécessité fournir quelques colonnes mobiles.Depuis le départ du maréchal Bessières, c’étaient le généralKellermann et le général Bonnet qui commandaient ces corps,l’un dans la Castille, l’autre dans la Biscaye. Ce mélange desoldats de toutes armes, emprunté à tous les corps, chargédu service sur nos derrières, présentait 33 ou 34 mille hom-mes, dont 15 à 18 mille étaient capables de rendre d’utilesservices, et portait à200 mille combattants sur300 mille d’ef-fectif, la masse énorme des forces consacrées à la Péninsule.C’étaient en grande partie les meilleures troupes de la France,celles qui avaient fait le campagnes de la Révolution et del’Empire, qui avaient vaincu l’Italie, l’Égypte, l’Allemagne etla Russie l Voilà où nous avait conduits cette conquête del’Espagne, regardée d’abord comme l’affaire d’un simple coupde main. On y avait perdu son renom de droiture, son pres-tige d’invincibilité, et on y envoyait périr homme par hommedes armées admirables, formées par dix-huit ans de guerreset de victoires.

Napoléon supposait que ces trois cent mille hommes, qu’ilne croyait pas aussi diminués qu’ils étaient réellement par lafatigue, les maladies, le disséminations, seraient plus que suf-fisants, même réduits à deux cent mille, pour soumettre l’Es-pagne , les Anglais devant être fort dégoûtés de secourir leset r excellence Espagnols après la campagne de la Corogne. Ces deux cent