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[Vol. 6.]
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TALAVERA ET WALCHEREN.

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mille hommes auraient été suffisants sans doute avec uneforte direction, bien que la passion de tout un peuple soulevécontre l’étranger soit capable de produire bien des miracles ;mais l’autorité que Napoléon laissait à Madrid pour interpréterses instructions et les faire exécuter, ne pouvait remplacer nison génie, ni sa volonté, ni son ascendant sur les hommes, etles plus puissants moyens devaient échouer non contre la ré-sistance des Espagnols, mais contre l’anarchie militaire quiallait naître de son absence.

En effet, le roi Joseph, doux et sensé, assez contenu dansses mœurs, n’avait, ainsi que nous l’avons déjà dit, aucunedes qualités du commandement, bien qu'il ambitionnât fort lagloire des armes, comme un patrimoine de famille. Mais iln’avait ni activité, ni vigueur, ni surtout aucune expériencede la guerre, et, à défaut d’expérience, aucune de ces qualitéssupérieures d’esprit qui la suppléent. Il avait, comme nousl’avons dit aussi, adopté pour mentor le digne et sage maré-chal Jourdan, au jugement duquel il soumettait ses plans mi-litaires, mais le plus souvent sans l’écouter, se décidant, aprèsavoir longtemps flotté entre lui et ses familiers, comme il pou-vait, et suivant les impressions du moment. Napoléon, quiavait discerné ses prétentions pendant la dernière campagne,s’en était moqué à Madrid, et s’en moquait encore à Schœn-brunn avec ceux qui allaient en Espagne, ou qui en reve-naient. Il n’aimait pas le maréchal Jourdan, à cause de sesopinions passées et même de ses opinions présentes, le soup-çonnant à tortd’étre l’inspirateur des jugements assez sévèresqu’on portait sur lui dans la nouvelle cour d’Espagne. Ilvoyait dans la tristesse et la froideur de ce grave personnagetout un blâme pour son règne; et tandis qu’il se raillait deson frère, ne pouvant se railler du maréchal Jourdan qui neprêtait pas à la moquerie, il le dépréciait ouvertement. Cemaréchal était parmi les officiers de son grade et de son an-cienneté, le seul sur lequel Napoléon n’eût pas fait descendre

Vév. 1800 .

de l'arméed’Espagneentièrementparalyséespar l'anarchiedu commandement.

Causesdu défautd’autoritédu roi Josephet du maréchalJourdan.