TALAVERA ET WALCHEREN.
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Sylveira et Bernardin Frère. Ces derniers, dont les instruc- M »''* lo-tions avaient été dictées par l’état-major anglais, avaient or-dre de ne pas livrer bataille, mais de harceler sans cesse lesFrançais, et de leur tuer dans chaque défilé, au passage dechaque village, le plus de monde possible. En conséquencede ces instructions, les deux généraux portugais, après avoirdisputé la route d’Orense à Chaves, n’auraient pas voulu s’ar-rêter dans cette dernière ville, et y compromettre inutile-ment une partie de leurs forces pour la défendre. Mais ils furentobligés de céder à la populace soulevée, et de laisser dansChaves un détachement de troupes, pour y tenir garnison deconcert avec cette populace. Ils se retirèrent ensuite sur Braga.
Le maréchal Soult, arrivé devant Chaves après plusieurscombats, vit une multitude furieuse, composée de paysans, Prise de Chaves.de prêtres, de femmes, de soldats, proférant du haut desmurs mille menaces et mille malédictions. Cette tourbe fana-tique pouvait bien être suffisante pour surprendre un convoi,ou égorger des blessés, mais elle ne pouvait arrêter vingt-quatre mille soldats français, conduits par d’excellents officiers.
Le maréchal Soult ayant menacé de passer par les armes toutce qui résisterait, on lui livra la ville de Chaves à moitié dé-peuplée. 11 y trouva de l’artillerie sans affûts, et des muni-tions en assez grande quantité. Une petite citadelle, bonnepour se garantir de la populace, était jointe à la ville. Il enprofita pour y laisser sous la garde d’une faible garnison lesmalades et les blessés déjà mis hors d’état de suivre par lamarche d’Orense à Chaves. Telle est la triste condition detoute opération offensive au milieu de populations soulevéesquand ces populations sont féroces et résolues à se défendre.
Chaque malade ou blessé exige un soldat valide pour le gar-der, et la guerre de poste étant celle qui met le plus d’hom-mes hors de combat, on peut aisément se figurer ce que de-viennent bientôt les armées régulières, dans une invasion dequelque étendue et de quelque durée.